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Dorado en Argentine 2013

Un jour d’hiver, début 2012, je reçois un coup de téléphone de Dominique Thor, guide de pêche en Guyane, sur le Sinnamary (aïmara / tarpon), qui me propose de me joindre à lui et à d’autres amis pour un séjour de pêche au Dorado en Argentine, sur le fleuve Parana. Qu’est ce qu’on peut bien répondre d’autre à ce genre de proposition que «oui, biensur, avec plaisir !».

Et bien c’est ce que j’ai répondu.

Cette année malheureusement Flo ne m’accompagnera pas. Il s’est tourné vers des destinations plus salées.

Le Dorado, ou plutôt le Golden Dorado comme on l’appelle pour le différencier de l’autre Dorado ou Mahi – Mahi, qui lui est un poisson marin, n’était pas l’espèce numéro 1 de ma hit-list, je dois bien l’admettre. J’avais plutôt en tête un retour en Guyane, un trip au Brésil pour rechercher du Peacock ou encore les Perches du Nil et autres poissons-tigres, les Musky américains, les tous gros brochets canadiens ou le mythique Mahseer d’Inde.

Pour moi, le Dorado était avant tout une espèce qui se pêche à la mouche, dans des torrents argentins ou boliviens. Pourtant, on le retrouve également dans de vastes fleuves de plaine, en Argentine, et il est tout à fait possible de le pêcher au leurre, voire même au vif. Les plus gros Dorados se prennent en effet plutôt avec cette méthode.

Ce poisson, en plus d’être un des plus esthétiquement réussis de la planète avec sa coloration jaune doré, une goutte d’encre de chine sur chaque écaille, son énorme gueule et la bande noire qui parcoure sa queue, est également un superbe acrobate. On est déjà prévenus, il va y avoir de la décroche ! Avec l’aïmara, on est vacciné donc ça ne pourra qu’être difficilement pire !


1/ Plantons le décor

Nous (une quinzaine de pêcheurs tous mis en relation par la famille Thor, de Guyane) nous rendrons dans un camp de pêche de la société Puerto Paraiso qui possède trois camps de pêche de très grande taille (jusqu’à 48 pêcheurs par camp). Ceci n’a plus rien à voir avec la confidentialité du carbet flottant de Dominique et François. Ces camps sont dans la province de Corrientes, sur le fleuve Parana qui sert de frontière naturelle entre l’Argentine et le Paraguay.

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Le nôtre, sera Yahapé, le plus sauvage du lot.

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Le nombre de pêcheurs par camp peut paraître impressionnant voire rédhibitoire pour certains en recherche de solitude, mais n’oublions pas que le Parana n’a rien de commun avec le Sinnamary de Guyane. Il constitue le troisième réseau hydrographique du monde, après ceux de l’Amazone et du Mississippi. Sur le graphique suivant (source Wikipedia), sont représentés les débits moyens du fleuve au cours de l’année.

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Pour mettre ceci en relief, ci-dessous le même graphique pour le Rhône (source Wikipedia), plus long fleuve d’Europe, je le rappelle.

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Nous avons donc là un facteur 10. C’est un cours d’eau énorme ! Il y aura bien de la place pour tout le monde.

Ce fleuve est, malheureusement pour l’environnement et notamment la faune piscicole, mais heureusement pour la population locale, couvert de nombreux barrages et écluses. Ceux-ci sont la source principale d’électricité de la région mais ils bloquent la migration de certaines espèces dont le Dorado.

Parlons justement de cette espèce emblématique de la région. En 2005 la loi n°26.021 du Congreso de la Nacion Argentina a déclaré le dorado poisson d’intérêt national. La loi a ratifié une initiative du Secrétariat au Milieu Ambiant, qui cherchait à renforcer la conservation de l’espèce, menacée par la pêche commerciale et la construction de barrages qui interrompent les flux migratoires.

Si vous avez fait quelques recherches sur ce poisson, il est fort probable que vous soyez tombés sur un site hors du commun : «La Zona». C’est une zone très contrôlée, située à la frontière entre l’Argentine et l’Uruguay, sur la rivière Uruguay. Sur ce site se prennent les plus gros Dorados du monde. Sur le Parana, lors de mon séjour, si je prends un poisson de 10 kg, j’aurai totalement réussi mon séjour. A «La Zona», il est impossible de ne pas prendre un poisson de plus de 20 kg et l’objectif étant 25kg et plus. C’est un peu un doradodrôme finalement: un barrage qui coupe la migration et qui accumule les poissons à son pied. Ce n’est pas vraiment bien naturel tout ça mais attention, je ne crache pas dans la soupe. Si j’ai l’opportunité d’y faire un saut, je ne me gênerai pas.

Autre espèce emblématique de la région : le surubi. Ce drôle de silure tigré aplati et à la gueule de canard se prend tant au vif qu’au leurre. Sa chaire est, parait-il, un délice ! Il est beaucoup pêché pour sa viande par les locaux mais est aussi une prise de choix pour le pêcheur sportif.

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Enfin, d’autres espèces pourront être capturées de manière ciblée ou accidentelle telles que certaines variétés de piranhas, raies d’eau douce (attention au dard !), divers poissons blancs plus ou moins ressemblant à nos carpes, ainsi qu’un cousin de l’aïmara (!), le tararira (Hoplias malabaricu) ne dépassant pas les 3-4 kg.

Parlons rapidement de ces raies justement car elles ont été récemment à l’honneur dans une série américaine présentée par un anglais (!) appelée River Monster.

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Dans l’épisode 03 de la saison 3 (2011), Jeremy Wade se rend en Argentine, nettement plus au sud de là où nous serons, pour capturer cette raie d’eau douce géante, de l’espèce Potamotrygon brachyura. Elles peuvent atteindre plus de 200 kg pour plus de 1.50 m de diamètre. Un individu de 300 kg aurait été capturé. C’est la plus grande, grosse et lourde raie d’eau douce «pure». La raie géante de Thailande, plus grande encore, quant à elle, reste dans les estuaires et ne peut donc pas être considérée comme d’eau douce stricto sensus.

Le dorado a été à l’honneur, en 2011, d’un DVD (Daiwa Expedition III) qui se déroule sur le Parana également mais avec un autre prestataire. Ce DVD promotionnel de la marque Daiwa était plutôt bien fait et très drôle et les séquences de publicité Daiwa n’étaient pas trop «lourdes». Une bonne surprise !

Plus récemment encore, c’est Cyril Choquet, qui, dans son émission «Mordu de la pêche» (S03), s’est rendu sur le Rio Parana, avec peu de succès, avant de casser la tirelire de la production pour aller à La Zona sur la frontière avec l’Uruguay.

Enfin, mes toutes premières images du dorado datent de 1992, alors que, bambin, je rêvais devant des VHS de la série «Histoires Naturelles» (TF1 Vidéos). Le numéro 4 de la série (La pêche des carnassiers) présentait la traditionnelle pêche du brochet à la cuillère tournante, du sandre au vif et même déjà du silure au chausse-pied par JC Tanzilli. Le dernier carnassier à l’honneur de cette VHS était le dorado, à l’ondulante essentiellement. Jamais je n’aurais pensé un jour aller le pêcher. Pourtant les rêves d’enfant peuvent se réaliser parfois quand les enfants ont grandi.

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2/ Budget

Le séjour se déroulera du 08 juin au 17 juin 2013, soit 7 jours de pêche. Côté tarif, comme le matériel est quasiment déjà totalement acquis, le prix total du voyage reste «raisonnable», toutes proportions gardées. Ce n’est pas «donné» non plus. Le séjour se paye en dollar, son prix dépend donc du cours du billet vert. Malheureusement, à l’heure où j’écris ces lignes, en automne 2012, l’euro chute fortement. Il est loin le temps où on avait $1.50 pour 1€. Maintenant, on est plus proche des $1.20 et ça risque encore de baisser étant donnée la conjoncture et la volonté européenne de relancer son économie en favorisant son exportation et donc en dévaluant sa monnaie.

Bref, le séjour de 7 jours de pêche tout compris, sauf boissons alcoolisées «supérieures», inclus transfert depuis et vers l’aéroport, coûte $1850 (soit 1680€ avec les frais bancaires de change, frais scandaleux d’ailleurs…). Je rajoute à ça un billet d’avion Paris – Foz de Iguaçu (Brésil) pour 1150 €. Il manque encore une nuit d’hôtel à Foz de Iguaçu et un aller-retour Metz-Paris en TGV, ce qui me fait arrondir le tout à 3000 €. Sur place, un peu d’argent de poche en plus permettra de remercier les guides locaux et de s’acheter quelques leurres qui vont bien, en cas de besoin.

C’est plus cher que la Guyane, mais c’est peut-être un peu plus «exclusif». On verra.

Parlons un peu d’Air France et de sa taxe sur le bagage supplémentaire. C’est tout bonnement dommage pour cette compagnie, qui fait fuir ses clients sans doute, de prendre 100 € ou $100 par trajet pour un second bagage. Le tube de canne coûte donc 200 € environ pour le séjour. Sincèrement, avec 200 €, on peut déjà s’acheter une belle canne multibrin qui rentre dans la valise (70-75 cm). Et bien c’est ce que je fais. J’ai une canne qui convient parfaitement à ce type de pêche, qui m’a d’ailleurs accompagné en Guyane, mais que je ne vais pas prendre avec. Ça me fait mal, mais quitte à payer 200 €, je préfère les mettre dans une canne supplémentaire. Surtout que d’autres voyages sont prévus dans les années à venir donc 200 € sur 3 ou 4 séjours, ça fait 600 ou 800 €. Une dépense de départ de 200 ou 300 € pour une ou deux bonnes cannes de voyage n’est pas une perte sèche mais bien un investissement.


3/ Matériel

Contrairement aux autres destinations de ces dernières années, je suis cette fois déjà presque prêt. En effet, un séjour à l’aïmara, ça met tout de suite à niveau (je parle de matériel, pas de niveau de pêche). Cannes puissantes, moulinets irréprochables, tresse de type «corde à puits», hameçons, émerillons et anneaux brisés haut de gamme et indestructibles et bas de ligne acier sleevés de fort diamètre sont déjà dans ma musette. Je suis cependant forcé de rajouter une canne type «voyage», puissante et qui rentre dans ma valise. Je rajoute à ça également simplement une canne light pour le fun sur les petites espèces du genre des piranhas et une canne pour le posé, genre canne à carpe puissante / silure light du bord, elle aussi multibrin pour rentrer dans la valise.

Niveau leurres, je suis short. Un tour sur Internet m’indique que le leurre roi n’est pas le leurre de surface. S’il est toujours possible de faire monter un Dorado sur un popper ou un stickbait, il est bien plus probable de le toucher avec un gros poisson nageur plus plongeant. D’après mes renseignements, nous pêcherons parfois dans des fonds de 5 à 8m. Il faut donc descendre les chercher, surtout les gros. Et en ce qui concerne les leurres adaptés à cette profondeur, on a beau dire, toutes les nouvelles marques japonaises et américaines n’arrivent même pas à titiller l’indétrônable marque Finlandaise: RAPALA ! Les leurres du type X Rap Magnum, Countdown, Countdown Magnum, Super Shad-Rap devront avoir une place de choix dans la boite à leurres, toujours en grandes tailles (14, 18, 22 voire 30 cm pour les bourrins).

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Dans les autres marques, on citera le Halco Sorcerer en taille 150, leurre de traîne par excellence, ainsi que le K-Ten BKF ou BKS en 140 de marque Tackle House.

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Toujours parmi les minnow de grande taille, on a également Daiwa qui fait de bons tarifs pour les Salt Pro Minnow (15 cm) et Yo-zuri, un peu plus cher, mais très bon (Crystal Magnum 16 cm).

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On fera particulièrement attention aux tarifs car ils vont être vraiment mis à mal et il faudra au moins une quinzaine de ces leurres pour une semaine de pêche. Le marché de l’occasion nous tend donc les bras !

Pour les coloris, on fera du classique mais on n’hésitera pas à se tourner également vers des coloris sombres, qui, d’après les locaux, marchent mieux que les leurres clairs. On rajoutera à ça quelques poppers (faits maison, en bois plein) et stickbaits (le classique Zara Spook de Heddon, en grandes tailles), au cas où, ainsi que des lipless bien lourds, ça peut toujours servir.

Côté leurres métalliques, il y a un leurre qui sort du lot, c’est la cuiller ondulante Johnson Silver Minnow en coloris gold et en grande taille (1-1/8 oz). Elle a l’avantage d’être anti-herbe et de ne pas coûter cher. Si mes souvenirs sont bons, j’en ai eu trois pour 13€, port compris. On ne la trouve pas en France par contre.

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Même si les leurres métalliques qui marchent le mieux sont les ondulantes, par rapport aux tournantes, je vais également amener ma belle collection de spinnerbaits de 1 à 2 oz en divers coloris ainsi qu’un gros assortiment de leurres souples, utilisés comme trailer et qui passent de vie à trépas en un rien de temps. Il faudra donc s’orienter vers du pas cher. Et voilà! Le tour est joué, pas besoin de compliquer la pêche. Il vaut mieux toujours se baser sur ce qui marche selon les locaux.

Pour tous ces leurres, je vais remplacer l’armement. Les anneaux brisés sont tous remplacés par des Owner Hyperwire 80 lbs qui ont tout à fait tenus face aux aïmaras. Les hameçons seront des Owner ST66. Il y a des avantages et des inconvénients à ça. Il est peu probable que les hameçons se fassent ouvrir (et encore, des témoignages disent le contraire) mais ces hameçons vont moins bien pénétrer la gueule pavée des poissons. C’est un risque à prendre, un choix à faire. Je préfère rater un ferrage que décrocher un poisson et voire un hameçon ouvert. Question de point de vue. Au pire, si c’est la catastrophe et que les poissons restent modestes, je pourrais remettre les hameçons d’origine… et c’est à ce moment probablement que je vais toucher le poisson du séjour et me faire ouvrir un hameçon. Typique non ?

Comme je l’ai écrit plus tôt, le Dorado et le Surubi se pêchent également au vif; simplement en plombée, en laissant dériver quelque peu dans le courant un vif piqué sur un gros hameçon simple. Il s’agit essentiellement de petites anguilles. On sera fourni de 12 de ces vifs par bateau et par jour. Pour les hameçons simples, on n’hésitera pas sur la qualité et on ira de préférence vers des valeurs sûres telles que les Owner Gorilla en tailles 4/0 à 8/0.

Par rapport à la Guyane, il y aura donc plus de diversité: Dorado et Surubi au leurre et au posé, piranha et autres petits prédateurs voraces sur un ensemble light.

En résumé, pour le matériel, nous avons donc un truc très proche de ce que j’ai utilisé pour l’aïmara.

Ces choix n’engagent que moi, sachant que je ne pêche pas en casting :

 

Dorado / Surubi au leurre

Canne : Spinning 25-100g, longueur 2.10m, haut de gamme

Moulinet : Le top en taille 4000, je suis plutôt Shimano

Tresse : Powerpro 50 lbs rouge

Bas de ligne : Acier gainé Titan Grauvell 60 ou 80 lbs avec sleeves adaptés pour 3 passages

Emerillon : Owner 100 lbs

Anneaux brisés : Owner Hyper wire 80 lbs

Hameçons : Owner ST66 de #1 à #3/0

 

Dorado / Surubi au posé

Canne : Idéalement type silure multibrin (peu de références sur le marché malheureusement)

Moulinet : Moins primordial que pour le leurre mais costaud quand même

Tresse : Powerpro 50 lbs et plus

Bas de ligne : Acier gainé Titan Grauvell 60 ou 80 lbs avec sleeves adaptés pour 3 passages

Emerillon : Owner 100 lbs

Anneaux brisés : Owner Hyper wire 80 lbs

Hameçons : Owner ST66 de #1 à #3/0 et Gorilla #4/0 à #8/0

 

Petits prédateurs au leurre

Canne : Spinning L 2-8g, longueur 1.90m

Moulinet : de bonne facture, taille 1000 pour le fun

Tresse : Powerpro 8 lbs

Bas de ligne : Acier gainé Titan Grauvell 6.6 ou 10 lbs avec sleeves adaptés pour 3 passages

Emerillon : Flashmer 10 lbs environ

Anneaux brisés : d’origine

Hameçons : d’origine et quelques VMC de secours en cas de besoin

 

Ndlr : Les lignes qui suivent sont écrites après mon retour. Notez comme je déchante.


4/ Le séjour

A l’aéroport à Paris, je rencontre Olivier, Pascal et Paul, trois pêcheurs du groupe. Nous faisons connaissance et nous rendons à l’embarquement au bout de plusieurs heures.

La ligne rouge de ce voyage sera en effet la perte de temps puisqu’il faut pratiquement 40h, tout compris, pour aller sur le site de pêche depuis mon domicile, et pareil au retour. C’est dur pour les nerfs, surtout le retour d’ailleurs !

Le vol Air France se passe bien, la correspondance avec la TAM fonctionne. Nous arrivons à Foz de Iguaçu où nous logerons une nuit en attendant le reste du groupe. L’hôtel vient nous chercher à l’aéroport, qui est à deux pas.

 

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La veille de notre départ en bus sur le camp, nous apprécions de jouer les touristes autour de Foz de Iguaçu. Il y a pas mal à voir à vrai dire.

Notons tout d’abord les fameuses chutes, inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1984.

Elles sont très impressionnantes !

 

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Surtout quand on va les voir par en bas…

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… et éventuellement par en dessous.

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Ça fait drôle !

Ce jour, nous faisons également la connaissance (pour ma part) de François et Ange qui nous rejoignent après une bonne galère via Buenos Aires et un changement d’aéroport raté à cause d’une douane pointilleuse.


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Le matin, avant notre départ en bus pour le site de pêche, nous en profitons pour visiter le barrage hydroélectrique d’Itaipu, barrage resté le plus grand du monde jusqu’à ce que les chinois fassent mieux. Il restera cependant le plus gros producteur d’électricité du monde.

C’est, là aussi, très impressionnant.

Les chiffres donnent le tournis: l’acier de 8 Tour Eiffel, le béton de 7 Maracanas, l’excavation de plusieurs fois le tunnel sous la Manche etc etc …

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Notez les tuyaux blancs, qui abritent les turbines. Ils font 10m de diamètre et permettent de faire circuler 700 m3 d’eau par seconde. A l’heure où j’écris ces lignes, le débit de la Moselle est inférieur à 200 m3 par seconde. Chaque turbine permet d’évacuer donc trois fois et demie le débit de la Moselle. Et il y a 20 turbines. C’est dingue !

Un canal de 10 km a été créé, faisant office de passe à poissons, pour permettre les migrations. C’est déjà ça.

Après cet interlude touristique, il est temps de passer aux choses sérieuses.

Le bus nous emmènera jusqu’au camp, durant la nuit, après avoir récupéré (après plusieurs heures d’attente) l’autre moitié du groupe, venant du sud-ouest de la France, qui s’est posé à Iguaçu mais du côté Argentin !

Ajoutons à ça deux détours par la douane pour que tout soit en règle, incluant un scannage des bagages et le racket de $100 en liquide pour faire 5 minutes de queue au lieu de deux heures, et nous voilà en route de nuit, dans un bus tout confort qui nous permet de dormir quelques heures avant d’arriver vers minuit.

Autre épisode cocasse sur la route : un contrôle par des militaires. Il a fallu leur donner des bières ! C’est vraiment des drôles de pays quand même. On est bien France, la corruption éhontée ne touche pas le petit peuple au moins.

Les quelques heures de sommeil restantes bien méritées sont avalées rapidement et le chant du coq nous réveille pour notre premier jour de pêche.


Jour 1

Sur le bateau, je serai en binôme avec Olivier. Notre guide, Piluti, commence par contrôler nos boîtes de leurres. Et ça part mal. Dans la mienne, il me dit (enfin, je crois comprendre car je ne parle pas un mot d’espagnol), que rien ne va sauf un petit Rapala orange de 6 cm. Gloops… ça fait peur.

Nous allons à l’embarcadère sous un ciel gris et tout le monde s’équipe des vêtements de pluie car ça va tomber.

 

 

 

Sur mes cannes, je monte un Daiwa Salt Pro Minnow sur l’ensemble lourd et le fameux Rapala sur l’ensemble léger.

Les conditions ne sont pas terribles, mais pour la matinée, il ne pleut pas au moins.

La pêche est très dure. Nous n’enregistrons que quelques touches, essentiellement sur l’ensemble light pour ma part, sans pour autant mettre de poisson au bateau. J’ai quand même la chance de voir le poisson tant convoité puisque j’en décroche un sur une chandelle, tout comme Olivier.

Notre guide nous propose un essai au maïs pour chercher une autre espèce, le Pira pita. C’est une espèce de très gros gardon, denté, qui bataille fort. Olivier prend quelques poissons, moi rien du tout sauf des touches ferrées dans le vent.

Ce n’est pas vraiment la pêche de rêve: au posé, au maïs, on peut faire ça aussi chez nous.

Il est alors midi, l’heure de rentrer pour un casse-croûte gargantuesque: viande grillée (what else ?), riz, haricots, pomme de terre et desserts aux pommes, le tout arrosé par du vin et de la bière à volonté. Le régime en prend un coup.

 

On échange quelques mots avec les autres bateaux. Pascal a pris un 8kg dès le 5e lancer… ce qui lui laissait envisager le meilleur. Mais le reste de la matinée fut désertique.

D’autres bateaux ont pris un peu de poisson, mais rien de terrible.

L’après-midi, il pleut à verse et il va falloir s’équiper en conséquence pour tenter de garder un peu de sec.

C’est la galère mais vu que des gros sont prenables, je change de leurre et passe à une ondulante dorée sur l’ensemble lourd. J’enregistre une tape et c’est tout, de toute l’après-midi.

Olivier ne fait pas mieux et malgré une tentative de dérive au vif, on laisse tomber car les éclairs tombent tout autour de nous et le danger est réel.

Le soir, un repas copieux à nouveau (ce sera comme ça à chaque fois pendant toute la semaine avec le fameux asado argentin) nous remet de nos émotions et nous échangeons nos expériences.

 

Il y a eu peu de poisson au bateau mais des touches tout de même pour presque tout le monde. Les poissons sont vraiment difficiles à prendre et à situer : tantôt dans le courant, tantôt dans l’obstacle, parfois en surface, parfois plus profond, au leurre dur ou souple, avec des leurres grands et petits. Bref, et ce sera aussi le problème sur toute la semaine, on ne comprend rien à ce poisson. Il est impossible de sortir «une pêche type» du Dorado. Tout marche et tout ne marche pas. C’est sans doute normal quand les conditions sont si dures que celles-ci.

Mon sentiment après cette première journée, en recoupant les témoignages de tout le monde, l’avis de quelques guides et les lectures que j’ai pu faire sur le net avant mon départ, c’est que nous sommes là au mauvais moment. Pourquoi sommes-nous parti en juin ? C’est clairement hors saison. Mais à un moment donné, il faut faire confiance aux locaux, et si les locaux ne jouent pas le jeu, alors ça donne ce genre de déconvenues. Des déconvenues qui coûtent cher.

Certains sont encore un peu optimistes pour la suite de la semaine. Mais pour moi, la messe est dite. On va galérer toute la semaine et prendre un poisson par-ci, par-là.


Jour 2

On décide, ce deuxième matin, de partir tôt. On ne pourra pas se reprocher de ne pas se donner les moyens. On est donc à 6h30 sur le bateau, pour aller sur les postes.

Tout au long de la semaine, je garderai le même rythme pour le choix des leurres. Je commence systématiquement par une heure de pêche avec l’ensemble lourd et si rien ne vient, je passe avec l’ensemble léger.

Et c’est justement avec ce petit Rapala que je prends mon premier Dorado, de l’ordre de 3 kg. Les couleurs sont superbes et donnent envie d’en prendre un plus gros. C’est vraiment un beau poisson.

Je décroche un autre poisson et j’enregistre deux autres touches sans suite. Toutes ces touches sont sectorisées. On aura bien du mal à comprendre qu’en fait, certains secteurs de plusieurs kilomètres sont vides alors qu’on retrouve une petite population de 10 individus sur 50 m. C’est ce qui explique l’impression de pêcher dans un cimetière puis d’avoir plusieurs touches successives.

Les secteurs qu’on pêche sont de plusieurs types, sans qu’on ait remarqué plus de réussite sur l’un que sur l’autre :

– frondaisons

– arbres morts

– roseaux

– rochers

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Le retour au bercail à midi nous apprend qu’un poisson de 6 kg a tout de même été pris mais que bon nombre de bateaux sont capots.

L’après-midi, on décide d’alterner leurre et vif en dérive. La pêche au vif se fait avec des poissons couteaux (Morenita) ou de petites anguilles (Anguilla) très vivaces. Le fond du fleuve est très propre, la pêche se fait donc en «back drift», c’est à dire que le bateau dérive dans le courant en traînant derrière lui les lignes eschées de vifs et très peu plombées (5 à 20g pour 10 mètres de fond voir bien plus). Cette technique est sensée produire les plus gros Dorados mais également la variété locale de poissons-chats, le Surubi.

 

 

Nous terminons Olivier et moi capot sans aucune touche en alternant vif et leurre.

En rentrant au camp, on apprend que Dominique Thor a tout de même capturé un beau poisson de 10 kg et qu’Ange a pris un Surubi de 8 kg en dérive.


Jour 3

Aujourd’hui, le climat change encore (J1 : pluie, J2 : cagnard) et tourne à la brume à couper au couteau avec des températures bien fraîches.

Comme toujours je débute sans succès avec des minnows de 15 cm avant de passer au mini Rapala. J’enregistre une touche manquée et deux décrochés.

On passe au vif et on laisse tomber devant le peu de succès.

A la pause de midi, on entend le même son de cloche de tous les bateaux : galère ! Quasiment pas de prises et que du petit.

Que faire cette après-midi ? Le moral est dans les chaussettes.

On repart sur du leurre sur les bordures et mes débuts au gros minnow ne donnent rien. Premier lancer au petit Rapala et c’est la première touche.

La brume s’est dissipée et le soleil a pris sa place. Avec la chaleur qui revient, j’ai un petit peu d’espoir quant à un regain d’activité. Et en effet, j’enregistre 6 touches sur l’après-midi (Wahoo !) pour deux poissons au bateau, de petite taille. Mais c’est mieux que rien, vue la galère actuelle.

 

A signaler aussi que j’ai une coupe sur mon bas de ligne en acier (7 brins 6,6 lbs). Le soir même je passerai en 10 lbs. Heureusement que mon leurre fétiche est flottant et que le Dorado s’en est débarrassé: je peux le récupérer.

Avec les polarisantes, j’ai pu assister à un joli moment avec le poisson qui sort de son tronc dans un flash doré pour venir se saisir de mon leurre, avant de faire quelques bonds et de revenir se tanker dans son obstacle. Heureusement les deux mètres de fluoro que j’intercale entre tresse et acier ont permis d’éviter la casse et de mettre ce poisson au bateau.

On termine la journée par de la dérive au vif avec, pour changer, pas une touche.

Au camp le soir, l’ambiance reste bonne heureusement et les pêcheurs de tous horizons s’entendent bien. Mais le moral est aux choux pour tous les équipages.


Jour 4

Ce matin, on ne fait pas d’effort et on embarque à 8h. Je passe toute la matinée à balancer du leurre dans tous les endroits possibles et imaginables sans autre résultat qu’une seule petite tape.

 

Mais je n’ai pas bien pêché: pas précis, pas méticuleux, pas assez cadencé… j’en ai un peu marre franchement.

A midi, on apprend que c’est pareil pour tout le monde. Sincèrement, ça ne rassure pas du tout.

Pas du tout motivé pour l’après-midi, je tape une sieste jusqu’à 14h00 avant d’embarquer pour quatre heures de calvaire tant au petit leurre, qu’au gros ou qu’au vif ! Je termine capot sans la moindre touche.

Le soir, certains iront pêcher au posé depuis l’embarcadère pour, devinez quoi, finir capot.

Un groupe de 8 brésiliens arrive sur le camp pour pêcher le Surubi également. Ils resteront trois jours et, bingo !, ils termineront tous capots !


Jour 5

Aujourd’hui j’aurai Ange pour coéquipier. Comme toujours, je débute par une pêche au gros leurre et malheureusement, comme toujours, je ne touche rien. Je passe alors sur le Rapala sauve bredouille et je parviens à mettre au bateau un «Salmon». Cette petite espèce vend chèrement sa peau, plus que le Dorado à taille égale.

 

A part ça, j’ai deux autres touches sans suite.

A midi, on prendra le déjeuner sur une plage nettoyée avec tout le groupe.

Pour le début d’après-midi, on va commencer par une pêche au vif, tantôt en dérive, tantôt à l’ancre. On enregistre tout de même quelques touches et je parviens à prendre un petit Dorado ainsi qu’un gros Piranha.

 

Après un certain temps, les manivelles nous démangent et nous décidons d’aller lancer du leurre dans les cimetières des bordures. Au gros leurre, rien, pour changer. Au petit Rapala, j’enregistre 4 touches pour un poisson au bateau.

 

A noter que pour la première fois du séjour, je touche deux poissons sur des chasses. Jusqu’ici c’était peine perdue.

Malheureusement, je décroche ces deux poissons sur des chandelles.

Ange prend un poisson en toute fin d’après-midi sur un K-ten de petite taille.


Jour 6

Pour changer, la motivation n’est pas là ce matin, surtout quand on voit les nuages qui nous promettent une belle douche pendant toute la journée.

Qu’à cela ne tienne, on embarque avec Paul cette fois-ci à 8h et n’avons toujours rien vu à 10h30 quand il se met à tomber des hallebardes.

L’orage gronde, les éclairs se rapprochent. Il est temps de rentrer quand je touche sur un secteur rocheux deux poissons au petit sauve-bredouille (1 et 2,5 kg).

 

A la pause de midi, nous apprenons que tous les autres bateaux ont touché du poisson, parfois de taille assez correcte (3 et 5 kg).

Pour l’après-midi, ce sera dur encore une fois de supporter le capot (une seule tape) sous une pluie qui ne s’arrêtera pas une seule minute.


Jour 7

 

C’est le dernier jour. Bien entendu, on n’y croit plus et ce, depuis longtemps. Mais au moins le soleil est de la partie et la journée sera sans doute agréable à défaut d’être productive.

La matinée est classique; pas une touche sur les gros leurres et une seule tape sur le Rapala magique.

L’après-midi, je décide de ne pêcher qu’au gros leurre : un Yo-Zuri Crystal minnow 16 cm noir. Et contre toute attente, j’enregistre deux touches. La première est ratée au ferrage. D’après le guide, c’était la taille au-dessus ! La deuxième touche se termine par un décroché sur une chandelle.

 

Il faut ensuite rentrer pour ranger les affaires car le bus sera là à 21h00.

 

Mais avant de quitter l’aventure, prenons-en encore plein les yeux avec les très jolis poissons de Dominique et Thia Thor (Guyane Amazonie Pêche) :

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Et aussi avec le poisson de Pascal (8kg) :

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S’en suivra en tout plus de 40h de trajet en bus, en avion et en train et d’attente entre les vols. Une VRAIE galère ! Mais au moins nous sommes arrivés à Paris car d’autres vols ont dû être détournés à cause des orages sur Roissy.


5/ Bilan

 

Il est clair qu’un sérieux bilan est à faire.

Commençons par le positif, car il y en a eu.

Les logements étaient confortables avec lits, eau chaude, lavabo, douche et toilettes, climatisation et chauffage et espaces de rangement.

Les salles communes étaient bien agencées avec tout le nécessaire.

Les repas étaient excellents, surtout à base de viande et de poisson grillé, avec riz, haricots en sauce, pâtes et pommes de terre ainsi que légumes crus en salade. Les petits-déjeuners étaient également très copieux avec fromage, charcuterie, pain et gâteaux sucrés essentiellement aux pommes. Les desserts étaient à base de fruits au sirop, de pâtes de fruit et de gâteaux aux pommes. En plus, à chaque apéritif, on nous servait des beignets de viande ou de poisson. Côté boisson, tout était à volonté sauf les liqueurs fortes. La bière a coulé (trop) à flot.

Les bateaux étaient très spacieux pour deux pêcheurs mais il aurait été possible de pêcher à trois. Ils étaient équipés de deux ponts et d’un bon moteur 50 à 90 ch. Il manquait tout de même un électrique pour mieux gérer les dérives sur les bordures.

Mon guide et pilote, Piluti, était parmi les meilleurs du camp. D’autres étaient nettement moins compétents et les dérives étaient loin d’être parallèles à la berge, mais plutôt en dent de scie.

Gros point positif: le poisson. Je suis très attaché à l’aspect esthétique de mes prises et avec le Dorado, je suis gâté. Mon dieu qu’est-ce que c’est beau ! Dommage de ne pas en avoir pris un gros ! Et en plus il est très acrobatique. Ça fait drôle d’avoir le poisson qui sonde dans 5m d’eau et d’un coup avoir la tresse qui se détend complètement, ce qui annonce que le poisson remonte du fond comme une balle pour faire une chandelle. La canne doit être gardée haute et le fil en tension pour limiter les décrochés.

Voilà pour le positif, en fait, il concerne tout ce qui n’a rien à voir avec la pêche.

 

Pour le négatif, entrons directement dans le vif du sujet : mauvaise saison.

Je ne sais pas pourquoi nous nous sommes retrouvés là-bas en Juin alors que tous les sites spécialisés indiquent que la saison se termine en mai. Il y a eu des problèmes de disponibilités sans doute, mais également je suspecte une légère désinformation de la part du boss local qui aurait dû nous dire que la pêche au leurre n’est pas productive en Juin. C’est vraiment une erreur stupide et qui coûte cher.

Ensuite, mettons également sur le tas le problème de niveau d’eau anormalement élevé (2 ou 3m trop haut). C’est partout pareil ce genre de truc: trop haut, trop bas, trop mouillé… bref, les excuses. Mais disons quand même que le climat se dérègle, c’est évident.

Point négatif suivant, le matos ! Avec ma canne XXH et ma tresse 50 lbs, j’étais à côté de la plaque ! Un ensemble H voire MH en 30 lbs est tout à fait suffisant. Je me suis planté sur la taille des poissons qu’on allait prendre. Ensuite, pour les leurres, là encore, on a été désinformés ! Les locaux nous ont dit de prendre des minnows de belles tailles et c’est aussi ce qu’on retrouve sur le net et ce qu’on peut voir dans certaines vidéos. Mais là, tout le monde a dû descendre d’une taille pour prendre du poisson sauf quelques exceptions. La taille idéale est de 6 à 12 cm. Moi j’ai tout fait sur du 6 cm, canne 2-8g, moulinet 1000S, tresse 8 lbs, fluoro 21°° et acier 6,6 et 10 lbs ! Et heureusement que j’avais pris cet ensemble dans l’idée de «changer du Dorado» sur d’autres espèces plus petites.

Voici les trois leurres qui ont subi des touches :

 

Et voici le leurre qui a fait toutes les prises :

 

Notez qu’il est quand même bien abîmé. Il entre dans le panthéon des leurres à côté du gros stickbait Heddon sur lequel sont encore plantées deux dents d’aïmara.

De même, pas la peine de tout armer en ST66 et anneaux brisés Owner 80 lbs. Les armatures de base suffisent largement. Les locaux (les guides) pêchent avec le frein très desserré. Contrairement à l’aïmara, le Dorado ne se rue pas vers le tronc. Il a tendance à partir pleine eau et à sonder et à faire des chandelles. Pas la peine de pêcher frein bloqué, au contraire pour éviter les décrochés, donc on peut largement descendre d’un cran pour la tresse, les hameçons et les anneaux brisés ainsi que les agrafes.

Du point de vue du mode de pêche lui-même, on était tous aux choux au début. On avait l’approche «aïmara» : vise le tronc, vise la bordure. Le Dorado se prend parfois dans l’obstacle mais également pleine eau ou dans des veines de courant… on a beaucoup visé pour rien au début.

Je termine les 7 jours de pêche avec 31 touches au leurre pour 7 Dorados et 1 Salmon. Ca fait à peine un poisson par jour. Je pensais prendre par jour ce que j’ai pris en une semaine. J’ai également pris un Dorado et un Piranha au vif.

Le taux de ratés est important, pire que pour l’aïmara. Mais les poissons étaient peu mordeurs et rares étaient les poissons qui suivaient et ré-attaquaient le leurre. En principe, il n’y avait qu’une touche par poisson.


6/ Epilogue

Que dire ?

Très frustré et déçu par ce séjour.

Mais pas dégoûté pour autant.

J’y retournerai car je n’ai pas du tout la sensation «d’avoir pêché le Dorado».

J’aime beaucoup ce poisson, ses couleurs, ses acrobaties. Je le préfère à l’aïmara esthétiquement, mais la touche de surface de ce dernier est plus adrénalisante !

Par contre, le fleuve très vaste est bien moins «sympa» que la petite rivière Sinnamary de Guyane. Je préfère la jungle oppressante aux vastes étendues.

Globalement, le séjour aura été moins bon que celui en Guyane… et plus cher aussi.