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Aïmara en Guyane 2011

“Pêche exo”, voilà, on y est. Ma toute première pêche exotique est programmée pour fin novembre de cette année. Au fond de moi, j’ai toujours su qu’un jour ou l’autre j’allais commencer à parcourir la planète pour y tremper le fil. L’envie m’a prise l’année dernière, avec des débuts en douceur : la Suède. Il est maintenant temps de se rendre sous les tropiques! Non pas pour faire bronzette sur une plage en sirotant un cocktail, mais pour entrer dans la plus vaste forêt du continent américain (mais pas du monde, comme on a tendance à le croire!). Pourtant, je ne franchis aucune frontière, l’astuce ? Partir en Guyane française ! Ce DOM est le plus grand département français. 96% de ce territoire est couvert de forêts et les forêts sont parcourues de nombreux fleuves se jetant dans l’océan atlantique. Car en effet, la Guyane française ne fait pas partie du bassin versant de l’Amazone, plus long fleuve du monde.

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Les vols Paris-Cayenne sont réguliers et peu onéreux, la devise locale est, comme en métropole, l’euro, la langue officielle est le français , bref, c’est un pêche exotique de papi qui se profile, enfin, pour ce qui n’est pas directement lié à la pêche. Pour le reste, ce sera bien de l’exotisme au programme : faune et flore, logement, température, humidité , et poissons survitaminés aux stéroïdes anabolisants.


1/ Destination

Quand on évoque la pêche en Amazonie et quand on fait quelques recherches, on tombe essentiellement sur des pêches au Brésil, sur des affluents de l’Amazone, à la recherche, entre autres, des Peacock bass. Pourtant, pour commencer en douceur, j’ai opté pour la Guyane. Si le climat est équivalent (chaud et humide bien entendu), les poissons visés ne sont pas les mêmes. En Guyane, en effet, nous allons rechercher essentiellement de l’aïmara et dans une moindre mesure, a priori, de l’acoupa. Tous deux sont des poissons prédateurs mais ils ne jouent pas, à ce que j’ai pu lire, voire et entendre, dans la même catégorie.

Pour faire connaissance avec ces braves bestioles, et d’autres, nous nous rendrons donc dans un camp de pêche en pleine jungle. Après quelques heures d’avion et un jet lag de 4h dans les dents, nous nous rendrons, d’après le programme, à l’embarcadère, en environ 3h de voiture. La suite se fait en pirogue pour une remontée du fleuve Sinnamary jusqu’au carbet qui nous accueillera pour 8 jours de pêche. Ce carbet est une barge sur le fleuve, ouverte, sur laquelle se trouve tout le confort qu’on peut trouver au milieu de la jungle.

Parlons un peu de ce fameux fleuve Sinnamary. Il porte un très vaste lac de barrage, le plus grand de France à vrai dire, d’une superficie de 350 km². C’est le barrage du Petit -Saut. Il sert à l’alimentation en électricité de la base spatiale de Kourou et de la ville de Cayenne. Ce barrage fut une catastrophe écologique car les sols de la forêts, très riches en matières organiques, ont provoqué une chute importante du taux d’oxygène dissous et donc une mortalité importante de la faune et de la flore. En outre, tous les arbres de la zone n’ont pas été abattus et ils forment maintenant des forêts fantomatiques, troublantes. Le barrage a eu également pour effet de transformer le mode d’alimentation de l’aïmara. En effet, cette espèce nocturne s’est mise à se nourrir de jour également! Pour la pêche, l’impact n’est donc pas mauvais, mais c’est bien le seul lot de consolation. Et cette catastrophe est passée inaperçue en métropole du fait de l’éloignement. Pourtant tout ceci s’est passé pendant les années 90.

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2/ Espèces recherchées

Les espèces que nous allons rechercher, je l’ai mentionné plus haut, sont l’aïmara en premier lieu et l’acoupa dans un deuxième temps.

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Poisson pris par J. Wade dans l’émission River Monsters (saison 3)

L’aïmara est une espèce malheureusement à la mode (je n’aime pas suivre les phénomènes de mode). Beaucoup de pêcheurs aux leurres en manque de sensations veulent en toucher. Moi j’avais la Guyane en tête depuis plusieurs années, bien avant que des émissions ne soient diffusées ou que des articles soient publiés, dommage, j’arrive dans le gros du peloton. Son poids maximal peut atteindre 25 kg mais la majorité des prises fait entre 3 et 10 kg. Le record du monde homologué pour une prise à la ligne est d’environ 15 kg. Un poisson de 5-6 kg est déjà un très vaillant combattant, bien plus que toutes nos espèces de métropole à poids égal.

Cette espèce est prédatrice d’autres poissons mais aussi de nombreux autres animaux pouvant se retrouver un jour ou l’autre dans la rivière : serpents, lézards, mammifères divers comme le tatou même. Ses attaques se font souvent en surface, mais pas exclusivement. Il réagit très bien au bruit, ainsi, les gros leurres qui claquent en surface sont preneurs. Les poppers sont des leurres inévitables ainsi que les stickbaits avec bruiteurs. Mais les leurres à hélice sont très preneurs également comme les buzzbaits et les propbaits. On peut également chercher ce poisson, s’il a du mal à monter, légèrement sous la surface avec de gros spinnerbaits renforcés (type musky) ou de grosses cuillères tournantes (type silure). Enfin, pour le rechercher plus profondément s’il est difficile, il est recommandé d’utiliser de gros leurres souples de type shad montés en texan (6/0 à 8/0 pour des leurres de 15 cm et plus). La pêche au vif se pratique comme une pêche au silure, en vertical mais j’imagine qu’une pêche au gros flotteur (éventuellement lumineux même pour pêcher la nuit) doit être très fun. J’avoue ne pas être encore bien renseigné sur ce sujet. Pourtant, le vif est pour moi la technique reine pour prendre un prédateur.

L’acoupa est une espèce moins connue et aux proportions moins vastes que l’aïmara mais elle reste sympatique à prendre au leurre ou au vif. Il ressemble un peu à un maigre et j’imagine que c’est de la même famille.

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Source: Ultimate Fishing Team

 

Enfin, il est possible de pêcher des petits tarpons en estuaire dans les bonnes périodes mais nous ne seront pas présents à ces périodes justement… il faudra sans doute revenir, quelle tristesse ! 😉

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A part ces espèces, il existe bien sûr bon nombre d’autres espèces à prendre au pain par exemple. Je sens que je vais me régaler sur une canne anglaise, moi qui adore cette pêche !


3/ Préparatifs

J’ai la chance d’avoir réussi à convaincre Flo, un ami qui m’a accompagné l’année dernière en Suède. A deux, c’est toujours plus facile et moins impressionnant (et moins cher ,) de partir au bout du monde. Je pense que ça ne sera que bénéfique. Étant en plus beaucoup plus expérimenté que moi en matière de pêche aux leurres, je pourrai en prendre de la graine.

Le séjour aura lieu du 23 novembre au 03 décembre , et j’en piaffe d’impatience! Le vol est direct Paris – Cayenne. Il me faudra donc me rendre à l’aéroport via le TGV Metz – Paris puis les TC dans Paris. (ndlr: En fait, le départ a eu lieu le 21 novembre et le retour le 01 décembre. La raison: vol annulé m’a-t-on dit… Les conséquences: un jour de congés en plus à poser et les billets de train non remboursables, non échangeables, perdus)

Parlons un peu des tarifs. Pas de langue de bois ici, un séjour en Amazonie n’est pas donné. On est encore bien loin des prix astronomiques pour des pêches hauturières mais on est quand même nettement au dessus des séjours en Europe, comme la Suède par exemple. Il faut bien être conscient qu’avant tout, il y a le voyage qui représente un gros quart du coût total (voir même un tiers dans les mauvaises périodes). On ne peut pas partir en Amérique du Sud dans une bétaillère volante, donc on oublie Ryan Air et compagnie. Le vol se fera avec Air caraïbes. Nous passons en fait par une agence spécialisée française qui nous fait profiter d’une réduction sur le prix du billet.

Les bagages spéciaux comme les étuis à cannes sont compris dans le prix (ils comptent comme un bagage). On a le droit à deux bagages de 23 kg ce qui est à mon goût largement assez, surtout avec 12 kg supplémentaires en cabine. En totalité, train + vol + séjour, il faut compter dans les 2200 à 2500 € selon la période choisie pour le séjour et les offres pour le train, sur une base d’au moins deux pêcheurs, pour 8 jours de pêche. J’ai eu la chance de voir mes coûts plutôt dans le bas de la fourchette. Il faut ajouter cependant 80 € de traitement anti-paludisme et anti-moustiques diverses, 40 € de vaccins, 50 € d’hôtel pour une nuit à Paris, 10 € de transport en commun à Paris (Métro et Bus aller-retour) et plusieurs centaines d’euros de matériel quand, comme moi, on n’est pas équipé, qu’il s’agisse de matériel de pêche ou de matériel “d’eau” tel que chaussures, sacs etc… Enfin, si comme nous, vous avez la malchance d’avoir un vol décalé au dernier moment, vous perdez vos billets de train non échangeables et non remboursables (+/- 70 € l’aller-retour).

On ne part pas en Amazonie comme on partirait, ou plutôt, comme je suis parti, en Suède, à savoir, comme un touriste. L’équipement doit être haut de gamme et solide, tout doit être revu à la hausse : cannes, moulinets, tresses, bas de ligne, hameçons, anneaux brisés, émerillons etc , même le niveau physique joue donc je prépare bien à l’avance et me renseigne énormément en croisant les expériences ici et là. Voici ce que j’en retire en quelques lignes.


a/ Canne et moulinet

Pour l’aïmara, la précision est de rigueur. En effet, cette espèce affectionne les zones encombrées et sa zone de confort se situe dans les tout premiers mètres depuis la rive. Le poisson se trouve en principe face à la berge, à l’affût de toute créature, à poil, à plume ou à écaille, susceptible de se retrouver à l’eau volontairement ou non.

Dans de telles conditions, et bien que je ne sois pas un pratiquant invétéré, le baitcasting trouve tout son intérêt : précision et cadence de tir sont la clé. Cependant, de forts jolis scores peuvent être faits en spinning. De plus, le spinning apparaît comme avantageux sur les sauts (les zones de rapides). Du fait que je ne possède pas de matériel casting et que je n’ai même jamais essayé, il me semble très hasardeux de me rendre à l’autre bout du globe avec tout au plus quelques mois d’entraînement avec cette technique. J’opte donc pour du tout spinning. Il est tout à fait possible d’être précis avec cette technique et le séjour est avant tout pour moi une semaine de vacances, pas de compétition (rien que prononcer ce mot me donne des boutons, comment peut-on mettre de la compétition dans ce loisir ? Je ne comprends pas et reste bien loin de tout ça).

Une fois le choix fait entre spinning et casting (certains ne se privent pas pour prendre deux ensembles), quels sont les critères de choix du matériel ?

– en premier lieu, la solidité. Le matériel est mis à rude épreuve par les poissons, par l’environnement et par les conditions météorologiques

– en second lieu, la puissance. Il est hors de question de partir avec des ensembles trop légers. Les leurres doivent être gros et lourds pour, d’une part, faire des lancers précis (toujours plus de précision quand on pêche lourd), et d’autres part pour faire un gros *plouf* et attirer l’aïmara gourmand.

– en troisième lieu, la longueur. Il ne faut pas pêcher trop long car la pirogue n’est pas un paquebot et il ne faut pas pêcher trop court car un bras de levier important est primordial pour sortir son épingle du jeu (et son poisson du caillou) dans les sauts.

Pour ma part, je me suis orienté vers une canne spinning très haut de gamme, de marque japonaise, de puissance 30 – 110g et de longueur 2m20. Ça me semble être le compromis idéal pour l’alternance bateau : bord, tout en assurant une bonne puissance, sans pour autant peser trop lourd, donc forcément, c’est cher. Les références récurrentes sont du type Smith, Zenaq, Tenryu etc…

Quand la canne est choisie, le moulinet vient naturellement ensuite. Il souffre énormément également et un choix parmi le haut de gamme des marques majeures du marché est tout indiqué. La taille sera un 4000 ou 4500 selon la marque. On peut aller au-delà, au détriment du confort, c’est le choix que chacun fera en son âme et conscience. Là encore, c’est du costaud, du léger, du bien équilibré , donc du cher.

Pour ma part, je me suis orienté vers un 4000 très haut de gamme pour éviter toute surprise. En optant pour Daiwa ou Shimano, on évitera les (mauvaises) surprises.


b/ Leurres

L’aïmara, j’espère que vous pourrez le voir plus loin sur des photos (j’écris en effet ces lignes avant mon départ), est un prédateur dont les yeux sont très nettement placés vers le haut. Ceci indique donc qu’il se nourrit, un peu comme le brochet, vers la surface. Sa pêche aux leurres de surface est tout à fait conseillée et même très jouissive car les attaques sont spectaculaires. Qu’avons-nous au menu des leurres de surface ? Il faudra s’orienter vers des leurres adaptés aux pêches fortes en mer, type exo light, ou aux pêches du musky.

– poppers : LA référence, absolument inévitable dans la boite à leurres. Ils doivent être gros, lourds et le plus bruyant possible. Attention aux maltraitances qu’ils vont subir! Ils devront être pleins (au risque de se faire percer et de couler) et leur armature devra être traversante (au risque de casser). Quelques références récurrentes :

Duel Sashimi Bull Yo-Zuri

GT Spot Flashmer

Popper Pencil Cordell

Roosta Halco

Surface Cruiser Yo-Zuri

Surface Bull Yo-Zuri

Dumbbell Popper River2Sea

Pour ma part, j’ai la chance d’avoir un ami qui m’a réalisé bon nombre de poppers en bois plein pour la somme modique de quelques mètres de corde à piano.

Le bois brut avant passage au tour
Les poppers tournés, pas encore vernis, ni peints

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Prêts à se faire manger

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– propbaits : Ces leurres à hélices sont efficaces mais il est difficile de trouver en Europe des modèles assez solides et notamment avec armatures traversantes et avec un corps plein. D’autres modèles, utilisés en Amérique du Nord, sont nettement plus adaptés, mais beaucoup plus rares dans le commerce, si on excepte la VPC. Quelques références :

Big Big Ragot

Triple Impact Shimano

Scum Rattler Fox

Surface Slaptail Smity Bait

Sputter Bug  Smity Bait

Pacemaker (7″) Sennett Tackle

Stillwater Sennett Tackle

Topraider (7″) Bucher Tackle/Roberts Outdoors

Magnum Stomper Musky Buster/Holcombe Tackle.

Search Bull Lucky Craft

L’ami qui m’a produit des poppers m’a également produit une imitation de Search Bull, mais en bois plein. J’imagine que ça devrait le faire!

Voici quelques uns de ma collection :

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Cisco Kid Topper 700

 

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Wooden Globe 2.3 oz
Search Bull
Search Bull

 

– buzzbait : Là encore, il faudra s’orienter vers des modèles nord américains. L’inconvénient de ce leurre est sa relative fragilité (par torsion) mais son prix défiant toute concurrence contrebalance cette faiblesse. Quelques références :

Vibrax Musky Buzz Blue Fox

Slopmaster Buzz Bucher Tackle/Roberts Outdoors

Slopmaster Buzz Bucher Tackle/Roberts Outdoors
Slopmaster Buzz Bucher Tackle/Roberts Outdoors

– stickbait : Ces leurres utilisés énormément pour le brochet produisent également de bons résultats sur l’aïmara. Ils ont l’inconvénient d’être moins bruyants que les autres catégories ci-dessus à moins d’être équipés de corps creux avec billes bruiteuses mais ils sont alors sujets à naufrage par percement de leur coque. Quelques références

Doc (9″) Musky Mania

Lil’ Doc (7″) Musky Mania

Viper Phantom Lures

Gambler (6.5″ & 9″) Smity Bait

Wood Wacker Reaction Strike Lures

Swimy Sert

Super Magnum Zara Spook Heddon

Z-Claw Magnum Zenith

Walkie Talkie Bomber Lures

 

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Heddon Magnum Zara

Il se peut que l’aïmara soient un peu moins mordeur en surface ou que vous ayez tout simplement envie de changer ou de vous reposer le bras (qui souffre beaucoup quand on pêche au popper par exemple). Dans ce cas, d’autres leurres sont également très preneurs :

– spinnerbaits renforcés, type musky, avec jupes de rechange obligatoire, corde à piano la plus grosse possible, grosse palette, dans des poids d’environ 1 oz et avec des hameçons simples irréprochables. J’ai fait l’acquisition de spinnerbaits faits maison, aux USA, très peu chers et de fort belle facture. Partez tout de même du principe qu’un poisson = un leurre même s’il est toujours possible de redresser un peu les choses.

Bionic – Bucktail
Bionic – Bucktail

 

– Cuillères tournantes à très grosse palette, type silure, avec ou sans jupe ou trailer dans des coloris divers et variés

Buchertail 2 oz
Buchertail 2 oz
Musky Mayhem Baby Girl
Musky Mayhem Baby Girl
Musky Mayhem – Double ShowGirl
Musky Mayhem – Double ShowGirl

 

– Leurres souples de type shad, à monter sur tête plombée type silure ou sur texan XXH

Reaction Strike – Fat Head 6"
Reaction Strike – Fat Head 6″

 

– Lipless (Screamin Devil de SPRO par exemple)

SPRO - Screamin Devil
SPRO – Screamin Devil

 

– Jerkbaits

– Mort manié

– Vif

Finalement, l’aïmara n’est pas trop regardant, il prend à peu prêt tous les leurres. Il s’agit surtout de savoir quel leurre à quel moment et dans quelles conditions. Pour information, les plus gros aïmaras sont toujours pris au vif. Il en est de même chez nous sur le brochet.

L’acoupa sera pêché au vif (la taille en dessous) ou au leurre souple, à la verticale. J’avoue ne pas m’être trop renseigné sur le sujet : on avisera sur place.


c/ Petit matériel

Petit matériel par son volume, grand par son importance.

La plupart des poissons perdus, si ce n’est la maladresse du pêcheur, sont dus à des défauts ou à des qualités insuffisantes des petits organes de la ligne : tresse costaude, émerillons irréprochables, bas de ligne acier épais, anneaux brisés robustes et hameçons infaillibles sont de rigueur. J’apporte un très grand soin à tous ces organes vitaux.

– Tresse : J’ai pu lire ici où là que des résistances de 30 à 65 lbs sont de rigueur. Certains prônent même une 80 voire 100 lbs. Sans sombrer dans l’exagération, je m’oriente vers une tresse en 50 lbs.

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Powerpro 50 lbs

 

– Emerillons : On ne discute pas avec la qualité même si ces émerillons ne sont pas donnés. Des résistances de 100 lbs voire plus sont de rigueur. Ils subissent de fortes sollicitations. Inutile de préciser que les nœuds doivent être impeccables et refaits au moindre doute.

– Bas de ligne : Laissez tomber le fluoro même en 200 lbs, l’acier est obligatoire. Sa résistance doit être suffisante mais il ne faut pas hésiter à utiliser une diamètre important pour limiter les risques de cisaillement lors des coups de tête du poisson. Mon choix se porte sur une tresse gainée d’environ 60 à 80 lbs de résistance.

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Grauvell – Tresse 7 brins acier Titan 60 et 80 lbs

 

– Anneaux brisés : Ils auront une résistance de 100 lbs et seront de première qualité. Ils sont l’avant dernier maillon de la chaîne qui part de votre moulinet pour atteindre votre hameçon. Il ne faut donc pas lésiner. Ils auront également un autre rôle. Dans ces pêches fortes, laissez tomber les agrafes. Utiliser plutôt un gros anneau brisé au bout de votre bas de ligne acier. Grâce à une pince adéquate, il sera possible de rapidement changer de leurre en ouvrant l’anneau.

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Owner – Anneaux brisés 80 ou 130 lbs

 

– Hameçons : Pointes fragiles, hampes molles, tout ceci doit être sorti de votre boite à pêche. Orientez vous vers les leaders mondiaux de l’hameçon pour faire votre choix et toujours dans des aciers les plus solides possibles (type silure et pêche exotique). Leur taille est adaptée à la taille des leurres.

Owner ST66 : la référence
Owner ST66 : la référence

 

Enfin, pour votre bas de ligne acier, les sleeves devront avoir un diamètre adapté au plus juste. J’opte pour des sleeves simples avec trois passages de la tresse gainée, pour plus de sécurité.

En outre, n’oubliez pas les pinces à sleeves, à anneaux brisés, coupantes, y compris pour couper des hameçons maladroitement rentrés dans la main ,

Prévoyez aussi de quoi réparer vos leurres (colle, résine ,) et aiguiser vos hameçons (pierre) ainsi que des anneaux de rechange et de quoi les ligaturer (on ne sait jamais!).

Voilà, avec cet armement, la bataille peut commencer.


4/ Le séjour

Voilà tout d’abord le programme météo de notre séjour:

Prévisions météo
Prévisions météo

Il a été plus pluvieux que prévu, je vous le dis d’office.

Par sécurité nous partons pour Paris le dimanche soir alors que notre vol n’est qu’à 12h00 le lendemain. Une nuit d’hôtel pas trop loin, ni trop près, d’Orly, nous permettra de partir sereinement le matin après notre première pilule de Malarone (traitement anti paludien).

Pas de soucis de bus ni d’enregistrement, nous patientons en imaginant notre futur séjour.

Le vol est interminable : 9h00 en pleine journée donc pas moyen de trouver le sommeil.

A l’arrivée, nous sommes en fin d’après-midi et à peine 30 minutes après notre arrivée, le soleil se couche. Il fait pourtant chaud, très chaud. Nous étions préparés et les shorts et tongs rapidement enfilés nous permettent de supporter le climat. Il va vite falloir s’habituer car c’est parti pour 10 jours!

Dominique Thor, un des deux guides, vient à notre rencontre (facile de retrouver des clients dans l’aéroport quand on a juste à chercher les tubes de cannes). Il nous fait rejoindre deux autres pêcheurs qui feront partie de notre groupe de 4 : Mattéo de l’Herault, récent pêcheur à la mouche et Stéphane de Marseille, pêcheur en mer.

Notons que, comme souvent, ma valise est une des dernières à arriver sur le tapis roulant. C’est toujours un peu flippant. Enfin, j’aurai préféré faire le séjour tout nu que sans canne.

Dominique nous amène sur sa propriété où il a aménagé un bungalow pour les pêcheurs en transit.

Nous prenons un sympathique apéritif et un bon repas avant d’entamer une nuit au milieu du chant des insectes (sous la moustiquaire quand même) et des grenouilles. Il y en a d’ailleurs une dans la douche !


Jour 1

Au petit matin, ce sont les singes hurleurs qui nous réveillent, bien plus sympathique que le bip bip du réveil à 06h00 pour aller bosser, mais tout aussi efficace.

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On passe la première matinée à regrouper nos affaires pour partir sur site. Tout est nouveau. Toutes les plantes, les insectes, les bestioles diverses et variées, sont nouvelles pour nous bien entendu. Dominique a aménagé un petit étang avec diverses espèces équatoriales pour permettre leur observation. Je remarque que les pacus (se prononce “pacou”), gros piranhas herbivores, aiment les croissants ,

Après une douche fraiche à l’eau du ruisseau, nous partons pour deux bonnes heures de 4×4 pour rejoindre la mise à l’eau du lac de barrage de petit saut.

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A partir de ce point, nous avons 2h30 de pirogue pour rejoindre le carbet flottant. C’est une cabane située dans une crique du haut du lac de petit saut. Nous traversons les fameuses forêts noyées du barrage de petit saut, forêts qui participent grandement à la qualité de la pêche sur le secteur.

Ancien bagne

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A l’arrivée, les guides nous demandent de monter rapidement notre matériel pour aller faire quelques lancers sur le saut Takari Tante. Ce saut marque la limite entre le “haut Sinnamary” et le barrage. C’est-à-dire qu’au-dessus de ce saut (saut = chute d’eau, rapides,), la rivière a un aspect naturel car elle n’a pas été affectée par l’ennoyage des rives comme en aval.

Takari tante
Takari tante

Je ne suis pas du tout habitué à la pêche dans ce genre de milieu, et je pêche très mal. C’est comme balancer le leurre dans une grande lessiveuse en visant les zones un peu plus calmes. Les poissons sont censés être campés juste derrière le moindre obstacle. Je n’enregistre pas une seule touche en une heure de crapahutage et je laisse un popper dans les rochers (tresse cassée sur un rocher). Flo enregistre tout de même une attaque mais ne peut conclure.

Il reste peu de temps après ça pour faire une dérive d’environ 2h. Je pêche en surface, Flo est au spinner. J’enregistre deux attaques au Triple Impact et au Scum rattler mais ne peut piquer le poisson. Flo décroche un poisson au bateau.

On termine donc la première demi-journée de pêche par un capot. Dur dur de se mettre dans le bain.

Par contre, nous en prenons plein les yeux niveau décors, faune et flore, ça compense.

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Jour 2

Le réveil ne se fait pas cette fois-ci par les singes hurleurs mais par les “paraquas” (orthographe ?), des espèces de cailles à longues queues qui beuglent “paraqua paraqua paraqua” à tue-tête pendant 15 minutes au lever du jour.

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Un solide petit déjeuner à base d’œufs, de jambon, de fromage et de pain nous met en selle pour aller dériver quelques heures à la recherche de notre premier aïmara.

En attendant, un peu de pêche au coup…

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Comme la veille, je commence au leurre de surface et je rate une attaque. Flo, quant à lui en décroche un au spinner sur une chandelle. Après quelques temps, nous inversons les rôles et je passe au spinner. J’enregistre alors une tape sourde et parvient à mettre au bateau un très joli poisson de 9.5 kg. Pour donner une idée de l’échelle, un poisson de 8kg est un beau poisson, 10kg marque la limite du “gros” et à partir de 12 kg c’est un “très gros”. Le record du carbet est de 17.5 kg, pris la semaine avant notre arrivée.

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Aïmara 9.5kg

 

Mon spinner est complètement défoncé, mais je m’y étais préparé, j’ai de la réserve. Je suis par contre un peu frustré car le combat n’a pas été épique. Le guide est d’ailleurs étonné que ce poisson n’ait pas donné plus de fil à retordre.

Flo passe alors au lipless (Screamin Devil) et enregistre énormément de tapes sans pouvoir mettre un seul poisson au sec. C’est frustrant. Ce lipless est plein de billes bruiteuses qui résonnent dans la coque alu du bateau. Avec l’oreille un peu habituée, on arrive même à entendre l’attaque du poisson sur le leurre.

L’après-midi, c’est reparti pour de la dérive. On commence à trouver la pêche et les poissons sont bien nerveux. Flo touche 12 poissons dont 3 au bateau dont un de 10 kg, moi je touche 10 poissons dont 2 au bateau (maxi 5 kg). Le poisson de Flo, bien que d’un poids approchant de celui que je prends le matin même, est beaucoup plus puissant. Il sonde à plusieurs reprises, prenant du fil même frein serré à fond et pouce sur la bobine (il pêche en casting). Souvent le poisson arrive malgré tout à se caler dans une branche. L’habilité du pêcheur et surtout du guide permet de sortir le poisson et de l’amener vers le lit de la rivière pour le combattre en pleine eau.

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Inutile donc de préciser qu’avec cette brutalité, les Stella, Tenryu et ST66 ou équivalents sont de rigueur!

Je repasse ensuite au leurre de surface car j’ai bien envie de conclure une belle attaque sur un popper ou un triple impact mais il n’en est rien, je rate juste une touche. Les poissons ne montent pas facilement dans les conditions actuelles.

Dominique et François nous amènerons à partir du lendemain, et pour quatre jours et trois nuits, sur le “haut Sinnamary”. Les poissons en haut répondent mieux en surface et le sport devrait être fun.

En attendant, on prend un peu de poisson depuis le carbet flottant.

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Jour 3

La matinée sera destinée à la remontée du fleuve en passant plusieurs sauts. Il faut être affûté physiquement car il faut tracter les barques et tout le matériel à l’os, dans les rochers. Mais Dominique et François maitrisent bien leur sujet et tout se passe sans encombre, si on excepte les effets secondaires de la Malarone (envie de vomir), qui me suivront pendant toute la première moitié du séjour.

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L’après-midi sera destiné à la dérive. Je pop comme un malade et n’arrive pas à faire quelquechose de correct. La dérive est rapide, les eaux sont hautes, trop hautes pour la saison d’après les guides (dérèglement climatique ?) et les berges sont, du coup, inaccessibles car les arbres sont dans l’eau sur plusieurs mètres. Quand on sait que le zone de confort de l’aïmara est dans le premier mètre depuis le berge, il est difficile d’imaginer faire une belle pêche dans ces conditions. Je termine la demi-journée avec 4 poissons touchés dont 1 seul au bateau de 8 kg environ, pris avec un popper maison qu’un ami m’a fait. Flo également touche 4 poissons pour n’en mettre qu’un seul au bateau.

Trempé jusqu'au slip, mais heureux. 8 kg
Trempé jusqu’au slip, mais heureux. 8 kg

 

Je suis trempé d’un mélange de sueur et de pluie et pour conclure, au bivouac, nous essuyons une averse énorme suivie d’une pluie nocturne qui fera encore plus monter l’eau. Nous ne faisons pas les fiers mais nous apprécions tout de même un aïmara en papillote accompagné de patates à la braise. La nuit en hamac se passe bien, la pluie a chassé les moustiques.


Jour 4

La dérive du matin est encore une fois dure. Les eaux sont hautes. Impossible de toucher les “strike zones”. J’enregistre 2 touches pour un poisson au bateau. Flo trois touches pour un poisson au bateau. D’après les guides, c’est la pire session sur le haut Sinnamary de l’année, c’est bien notre veine!!! Il y a eu des sessions où les pêcheurs ont demandé à rentrer car ils étaient écoeurés par le nombre de prises! Après 7 jours de pêche, plus de 300 poissons touchés par personne et plus d’une centaine au bateau, ils ont voulu rentrer pour leurs trois derniers jours, à visiter le reste de l’île. Il y a vraiment des jours de folie sur ce fleuve. Les vivre, un jour ou deux, doit être magique, mais être en permanence à treuiller du poisson au bateau, voire sa boite à leurres complètement morte, avoir les poignets en feu et ça tous les jours, tous les jours pendant 7 jours, doit être un peu écœurant.

Pour nous, c’est l’inverse, les éléments sont contre nous, et même en s’appliquant comme Flo (beaucoup plus précis que moi en casting), les résultats ne sont pas à la hauteur de nos attentes.

L’après-midi, la Malarone me met K.O. et je suis plus souvent assis à reprendre mes esprits qu’à pêcher. Je touche deux poissons au popper pour aucun au bateau. Flo, quant à lui, s’applique et grâce au meilleur leurre du monde pour l’aïmara (le Search Bull), touche 7 poissons pour deux au bateau.

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Au bivouac, le soir, on apprend que l’autre bateau a touché un très gros poisson de 12-13 kg, au popper en surface. Bravo à Stéphane !

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Jour 5

Le matin servira à tester à nouveau la dérive. Si ça ne veut pas, on redescendra au moteur jusqu’en bas pour continuer notre pêche dans le barrage et pour tester d’autres espèces.

Dans une baie j’enregistre deux touches en surface sur un gros stickbait (Heddon Zara Spook Magnum) dont un mammouth qui attaque deux fois mais ne se pique pas. C’était pour le guide sans doute le poisson du séjour, J’ai une dent dans mon leurre en souvenir,

Flo pendant ce temps touche 6 poissons pour un seul au bateau.

Vers 10h00, il est temps de se rendre à l’évidence que le haut Sinnamary ne nous dévoilera pas ses secrets.

A 14h45, on est de retour au carbet, pour passer à autre chose.

On conclut la journée par une dérive. J’ai 4 touches au Search Bull pour aucun poisson au bateau (que des petits en plus). Flo a 5 touches au spinner pour aucun poisson au bateau. On ne fait pas les fiers, c’est dur !

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Jour 6

La matinée de ce 6è jour sera destinée à l’acoupa rivière. Il se pêche en verticale au vif ou au LS dans des fonds plus importants et essentiellement dans des zones rocheuses (anciens sauts maintenant inondés).

Je démarre au leurre souple et enregistre une tape mais il s’agit d’un aïmara (traces des dents sur le LS).

Après un certain temps, on en a un peu marre et on commence à taper dans les bois morts. Flo touche un acoupa au lipless tout de même, un petit.

Je passe au spinner et touche 5 poissons pour deux au bateau. Flo en touche 8 pour deux au bateau également.

Décidément c’est la guigne. Les acoupas rivière ne veulent pas en découdre non plus. Il faut dire qu’on n’a pas trop insisté. La persévérance paye toujours, nous aurions dû appliquer cet adage.

Heureusement, il y a toujours de la faune à contempler.

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L’après-midi, nous repartons en dérive dans le barrage (bois morts) et nous essuyons à nouveau une belle pluie. Pour une fois, elle a un effet positif sur le poisson. Tout le monde en touche (4 pêcheurs sur la grande pirogue) et on se marre vraiment bien. Ca chambre à tour de bras et les explosions en surface mettent le moral au beau fixe à tout le monde. Je touche ç poissons pour deux au bateau et Flo en touche 8 pour deux au bateau. J’ai tout fait au spinner. Bien souvent, une attaque en surface ne se concluant pas par un poisson piqué permet au pêcheur suivant de pêcher au spinner sur la zone et de toucher immédiatement le poisson qui a raté le leurre de surface. Le leurre de surface qui marche le mieux est sans aucun doute le Search Bull. Il passe partout et nage vraiment comme un rat.

Le soir, nous faisons la rencontre d’une autre espèce de carpe, très jolie.

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… et de l’animal apprivoisé du carbet: Steven. Toujours friand d’un poisson ou deux.

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Jour 7

Ce matin, c’est l’acoupa rivière qui va faire les frais de nos investigations. Depuis la veille, le moral est revenu avec les quelques heures de folie qu’on a vécu. On ne part pas à l’arrache et on s’applique à prendre des vifs qui vont bien, des yayas. Le montage est simple : un cassant de 50°° avec un plomb de 50g environ et 80 cm au-dessus environ on place un pendant de 40 cm en nylon 50°° avec un hameçon n°1 ou 2 pas trop fort de fer. Le vif est piqué par le nez. On anime par des montées : descentes sous le bateau. A la touche, au vif, il faut laisser partir quelques secondes. Au leurre souple par contre, il faut immédiatement ferrer.

Je touche 7 poissons pour 2 au bateau (1.5 et 3 kg).

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Flo passe la matinée à balader un gros vif à la recherche d’un gros aïmara. Il en touche un mais le décroche.

Les acoupas feront de succulents sushis ! A tomber !

L’après-midi, comme d’habitude, c’est la dérive. Elle est bien plus difficile que la veille. Je touche 6 poissons au spinner et au Search Bull pour deux au bateau (max 4 kg). Flo touche 4 poissons pour un seul au bateau, au Search Bull.

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Heureusement, chaque soir, un bon moment de convivialité nous attend devant quelques verres de ti punch.

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Jour 8

Comme la veille, le matin est destiné aux acoupas. Après 1h30 de dérive dans le lit de la rivière et aucune touche, sauf François qui se fait couper par un aïmara, nous décidons de revenir sur le même poste que la veille. Les poissons sont là, nous touchons 12 ou 13 poissons et conservons quelques-uns pour la table (sushis!!! miam miam!!!).

Je touche 11 poissons pour 4 au bateau.

François fera le plus gros de la matinée au leurre souple (5kg environ).

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En route, on a même la chance d’apercevoir un jaguar.

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L’après-midi, on dérivera tranquillement. La fatigue se fait sentir pour cette dernière demi-journée mais on aimerait prendre une dernière fois un bel aïmara.

Flo touche 10 poissons pour deux goliaths au bateau : 9 et 11 kg avec à chaque fois de beaux combats, parfois nécessitant l’intervention du guide et de sa pagaie pour déloger le poisson d’un tronc.

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Moi je touche 8 poissons pour 4 au bateau mais de taille plus modeste (6 kg maxi). Je prends tout au spinner mais me fais exploser à chaque fois le LS placé en trailer, et mon stock n’était pas au top, je fais les fonds de tiroir à la fin.

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L’après-midi est très agréable finalement : du poisson, de l’ombre, du calme, de la faune, quelques rigolades, le top!

Il faut rentrer, avec tristesse, au carbet, pour notre dernière nuit avant le retour à la réalité de la métropole.


5/ Conclusion

Quelle magnifique expérience!!!

La vie dans la jungle, la faune, la flore, les sons, l’ambiance, le climat, la folie du poisson, la gentillesse et l’ultra compétence des guides, ont fait de ce voyage la meilleure expérience de ma vie.

Il parait que la session a été médiocre en ce qui concerne le nombre de prises, qu’est-ce que ça doit être alors une bonne session ?

En Suède, la qualité de la pêche jouait à 60-70 % dans la réussite ou non du séjour. En Guyane, ça ne représente au final que 30-40%. Il y a tellement de choses à voir et à vivre que la pêche n’est qu’accessoire.

Pour autant, pour ne parler que de l’aspect pêche, même si elle n’a pas été excellente, nous avons eu des moments de folie et chaque attaque fait bondir le cœur et monter le taux d’adrénaline. C’est un réel plaisir!

Les statistiques finales sont les suivantes :

6 jours complets de pêche à l’aïmara (j’exclus les matinées acoupa et les demi-journées de remontée et redescente du fleuve).

Aucune casse sur un poisson.

Pour moi 67 poissons touchés pour 17 au bateau (50/17) = 25%

Pour Flo 80 poissons touchés pour 15 au bateau (65/15) = 19%

Pour nous deux réunis, ça fait donc 147 poissons touchés pour 32 au bateau (115/32) = 22%

Le groupe d’avant était à 234 poissons touchés pour 62 au bateau (172/62) = 26%

Nous faisons donc beaucoup moins que ce groupe. D’après les guides, la pêche a été plus dure.

Comment expliquer ces mauvais statistiques (en terme de ratio touche/prise) ? J’ai ma petite explication qui n’engage que moi.

Tout d’abord, l’aïmara est une espèce tellement impressionnante dans ses attaques en surfaces qu’on a tous très envie de le voir mettre en pièce un popper ou un Search Bull. Et c’est là que les stats sont directement plombées. En effet, comme pour de nombreuses espèces, les attaques en surface ont un très faible taux de réussite. A ce que nous avons vu, nous avons pu ferrer environ 50% des touches, pas plus. Ensuite, si le poisson est ferré, arrive le second problème plombeur de stats: le tronc. Dès que le poisson se sent piqué, il va essayer de se tanker dans un tronc. Or, par définition, on pêche dans les troncs. Ceci signifie que l’aïmara n’a qu’à donner un petit coup de nageoire pour se retrouver derrière le tronc le plus proche (en principe pas plus de 50 cm). Il faut donc procéder à une extraction en force, frein serré et main sur le moulinet. Une fois l’extraction faite, si elle a réussi (si elle a raté, le poisson est perdu), il faut l’amener vers la pleine eau pour le combattre en zone plus sûre. Attention cependant au poisson qui sonde car il sait bien que le lit du fleuve est tapissé de débris. Il faut donc accompagner le poisson souplement mais fermement pour ne pas casser sans pour autant le laisser aller se mettre dans un obstacle. Les gros sont de vrais spécialistes de la sondée et il faut bien souvent l’habilité du guide pour déloger un récalcitrant. Dernière étape, également très génératrice de décrochés: la gestion des chandelles. Quand le poisson est en pleine eau et à moins de 50cm de la surface, il va s’élancer vers les cieux en secouant la tête, ce qui peut le décrocher. Il n’y a pas grand chose à faire pendant la chandelle, le mieux étant d’être préventif en ne lui laissant pas l’opportunité d’en faire. Pour cela nous pêchons canne basse ou canne dans l’eau pour laisser le poisson suffisamment profond pour ne pas tenter de chandelle.

Voilà, à bout de force, le poisson se rend, le pêcheur n’est pas moins éreinté que la prise mais nettement plus heureux pour une photo et une pesée éventuelle si cela vaut le coup.

Même les meilleurs sont à 30% de réussite, nous avons donc une marge mais nous savons bien qu’aller au delà des 30% sera impossible.


6/ Quelques conseils en vrac

Avoir une condition physique minimale pour apprécier à juste valeur et tenir le rythme

Avoir une expérience de pêche en rivière minimale pour ne pas être trop perdu

Arachnophobes welcome, on a vu très peu d’araignées

Prévoir de l’anti-moustique aux heures critiques (aube, crépuscule)

Prévoir un ensemble aïmara, un ensemble acoupa et un ensemble pêche au coup (pour ceux qui aiment). On peut pêcher l’acoupa avec un ensemble aïmara, comme moi, mais c’est un peu dommage.

Prévoir beaucoup de spinner (au minimum 10) avec des leurres souples en trailer (minimum 20)

Prévoir 5 Search Bull

Prévoir 5 poppers en bois pas cher

Prévoir 5 gros lipless bruiteurs

Prévoir un sac étanche

Prévoir des bonnes chaussures d’eau pour les rochers

Prévoir une lampe frontale

Prévoir un vrai bon poncho contre la pluie

Prévoir des boules quies (ronflements,)

Aimer le rhum

Être prêt à gouter tout un tas de plats étranges


7/ Montages types

– Aïmara : tresse 50 lbs minimum, émerillons baril 100 lbs, tresse 7 brins acier gainée 60 ou 80 lbs sleevée par trois passages dans des sleeves adéquats, anneaux brisés 80 lbs, triples 1/0 à 3/0 Owner ST66, pas d’agrafe

Leurres pour les sauts : popper courts en bois pas chers et lourds, avec un seul gros triple, spinner

Leurres de surface pour la dérive : Search Bull

Leurre de fond pour la dérive : spinner pas cher (un spinner HS pour deux ou trois poissons pris) avec LS en trailer, toujours des couleurs flashy (rouges, jaune, blanc), Screamin’ Devil pour les zones plus profondes et dégagées.

– Acoupa : tresse 20 lbs, nylon ou fluoro 50 à 60°°, hameçons moyens de fer n°1 ou 2, plombées de 30 à 60 g.

– Coup : canne fixe ou anglaise, corps de ligne en 25 à 30°°, émerillon agrafe, bas de ligne 40 à 50°° (poissons dentés), hameçons 10 à 6, flotteurs 4 à 10g (pour passer la couche de petits poissons en surface)

– Yayas (vifs à acoupas) : hameçons n°18 à 20 rouges ou bleus. Inutile d’escher, il suffit de tapoter la surface pour que les poissons se saisissent de l’hameçon vierge.

– Aïmara au vif : sous le bateau, comme le silure; au posé: pater noster XXL


8/ Epilogue

J’y retournerai. Rien à ajouter biensûr !