Aller au contenu

Saison hiver 2018 – le chevaine, autrement

Si vous avez lu un peu ce blog et si vous lisiez celui que j’ai tenu précédemment pendant plus de dix ans, vous avez probablement identifié qu’une de mes frustrations est le manque de temps chronique, au point d’en devenir lourd, je l’admets.

Et bien cet hiver n’a pas dérogé à la règle puisque je n’ai pêché que cinq fois entre le 1e janvier et la fin mars. Sur ces cinq fois, j’ai ciblé quatre fois le chevaine et hormis un capot, j’ai toujours pris du poisson.

Cet hiver a vraiment été particulier sur cette espèce. J’ai complètement modifié mon approche. J’ai toujours apprécié pêcher au flotteur, principalement à la longue coulée, en petite rivière (la Seille) et j’ai régulièrement fait du poisson même si les scores atteignant la douzaine de prises en une session sont bien loin mais j’ai toujours été plafonné du point de vue de la taille des prises par ce milieu restreint. C’est très différent des rivières anglaises qui génèrent des poissons de trois kilos alors qu’elles ne font que quelques mètres de large. Ici, la Seille a montré ses limites qui semblent être aux environs de 1.5 kg. La Moselle, quant à elle, ne m’avait jamais montré qu’elle était capable de produire des poissons bien au-delà. Et pour cause, appréciant surtout de laisser glisser un flotteur dans les ondes, je partais toujours assez limité pour sélectionner des poissons plus gros et probablement plus fainéants.

Cette année, j’ai retourné le problème et j’ai décidé de pêcher des zones propices avec des grosses esches statiques, zones parfois tout bonnement non accessibles au flotteur. Le quivertip était la solution adaptée à cette pêche et ceci couplé à la reine de toutes les esches : le pain. Dans le feeder, un pain de mie américain passé au mixer et sur l’hameçon n°10 un gros morceau de mie pincé sur la hampe… voilà la combinaison ultime.

J’ai commencé tard, pour diverses raisons et on était déjà fin février quand j’ai débuté. Je n’avais pas encore pris un seul poisson en 2018 et je me retrouvai alors sur un secteur de Moselle sauvage au nord de Metz. Pour que cette pêche soit efficace, il est primordial que l’eau soit d’une certaine clarté. En cas de crue, il est inutile de perdre son temps sur cette pêche pendant la montée des eaux. En fin de descendante, là on peut causer. L’eau est suffisamment claire pour que le pain soit efficace et que les chevaines soient mordeurs mais elle est suffisamment haute pour que les poissons soient concentrés sur certains secteurs très précis.

Justement, en cette fin février, on sortait d’une énorme et longue crue. L’eau était nickel sincèrement. Presque trop facile en fait. Nan, je rigole, c’est cool quand c’est facile. Attention, pas facile comme aller empiler des kilos en carpodrome. Çà, ce n’est pas facile, c’est autre chose : marcher dedans porte bonheur à ce qu’il parait (oops, quelques “amis” Facebook perdus ? :-)). Ce qui est vraiment cool, ce qui me plait vraiment, c’est quand c’est facile parce que je suis au bon endroit, au bon moment et que je pêche comme il faut non pas par hasard mais parce que mon analyse de la situation couplée à mon expérience (modeste) me permettent de savoir où être, à quel moment y être et comment y pêcher. Là, j’ai la sensation d’avoir réussi.

États d’âme mis à part, j’ai tout de suite eu des touches après deux ou trois cages envoyées sur le premier poste. Et j’ai, dès le premier poisson, capturé un PB.

Le changement de poste est vital pour la réussite dans cette pêche. En principe, sur environ 3h de pêche, je pratique 4 ou 5 spots dont certains nécessitent de reprendre la voiture pour bouger. Sur ce premier essai, j’ai capturé un deuxième PB qui reste à l’heure actuelle mon plus gros à 2250 g. Ce poisson d’un poids symbolique, moins de 1 once en-dessous de 5 lbs est ma plus belle prise toutes pêches confondues de ces quelques dernières années.

Lors des séances suivantes, malgré des températures horribles avec du vent d’Est, j’ai pu en prendre d’autres et même une carpe ! Cette carpe a été capturée au premier lancer, au bout de 5 minutes, sur un post pré-amorcé. Je l’ai déjà écrit, le pré-amorçage est très important. Ma stratégie consiste à commencer ma session par un pré-amorçage des postes situés sur ma berge donc amorçables à la main puis de pêcher les postes non accessibles au feeder avant de revenir sur les postes pré-amorcés en utilisant une plombée très légère à la place du feeder. Et c’est plutôt efficace.

Ensuite, j’ai quand même eu un capot, histoire de me calmer un peu et puis sur la dernière séance, j’ai à nouveau capturé de beaux poissons aux environs des 2 kg. Le matériel que j’ai utilisé était constitué d’une canne feeder de 12 pieds, un poil trop puissante (1.75 lbs) avec des scions de 2 ou 3 oz. Le moulinet en taille 4000 (Shimano) était chargé de nylon 6 lbs (16°° environ). Le bas de ligne en 4 lbs (14¨°° environ) se terminait par un hameçon n°10 à palette. Je pense que je pourrais monter d’un cran l’année prochaine, non pas pour assurer les prises mais pour éviter la casse en cas de problème quelconque au lancer (perdu mon feeder fétiche comme ça).

Finalement, en quatre séances étalées sur trois semaines, j’ai capturé les quatre plus gros chevaines de ma vie.

Notons que, lors de la dernière séance, mi-mars, les gobies étaient à nouveau actifs… Voilà, ça c’est déjà fait.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *