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Saison printemps – été 2016 : la tanche

L’été se termine et s’il n’y a pas eu beaucoup de pêche pendant la très haute saison (vacances en famille), j’ai tout de même passé une bonne paire de sessions à la recherche de la tanche depuis avril avec comme distraction simplement deux petites pêches au fromage en Seille et une pêche au feeder derrière le stade St Symphorien (brêmes et gros gardons) en compagnie d’un écossais venu supporter son équipe nationale qui a joué contre l’équipe de France avant l’euro 2016.

Il est alors sans doute temps de faire un bilan et de partager la maigre expérience acquise.

Mon oeil !
Mon oeil !

 

Mes pêches se sont exclusivement concentrées sur le canal de Jouy. Ce n’est pas la pièce d’eau la plus riche en tanche de la région, ce n’est pas non plus la pièce d’eau la plus facile et ce n’est pas le type d’eau qui produit les plus gros spécimen mais pourtant c’était  mon objectif. Je voulais de la tanche de ce canal. Elles sont superbes, intactes, vierges de toute pression et se prennent tout au bord.

Tout d’abord, je me dois de signaler que je me suis planté en ce qui concerne la période. J’ai été induit en erreur par les résultats de 2015, année où le printemps fut plus précoce et où j’ai pu prendre des tanches dès le début de mai. J’ai donc commencé dès la fin avril en cette année 2016 et je me suis cassé les dents pendant de loooongues semaines. Pour une fois, j’ai persévéré. J’ai changé de secteur, changé d’approche, mais je suis resté fixé sur ce poisson. Il m’a fallu attendre la mi-juin pour prendre mes premières tanches ainsi que de très beaux carassins et des brêmes bien noires.

J’ai pratiqué une pêche simple et discrète: le waggler. Nul besoin de pêcher trop loin, la plupart des poissons viennent s’alimenter en bordure. J’ai donc pêché pratiquement sous le scion. Vu la clarté de l’eau de ce canal, bien que j’ai commencé avec des lignes assez fortes, je suis par la suite descendu à du 12°° pour un hameçon n°18 assez fort de fer. Concernant les esches, j’ai eu le plus de succès au panaché maïs/asticot rouge.

Mais les vrais clés de la réussite ne sont pas là et je partage ici mon humble expérience tout en enfonçant allégrement des portes ouvertes.

1/ La période de la journée choisie est primordiale. Il est impératif de pêcher à l’aube ou au crépuscule. Il est inutile de perdre son temps durant la journée sauf conditions exceptionnelles (orage …) ou si la journée est grise et pluvieuse.

2/ Un amorçage préalable plusieurs heures avant la pêche est un facteur de réussite. Idéalement, on amorcera la veille au soir pour pêcher à l’aube ou alors en début d’après-midi pour pêcher le crépuscule.

3/ Si possible (dépendant de l’agenda donc dans mon cas c’est très dur) privilégier les journées grises et couvertes. Durant celles-ci, l’activité de l’aube se prolonge jusque tard dans la matinée alors que tout s’arrête dès que le soleil est trop haut si le ciel est bleu.

Avec ces trois clés, le reste n’est qu’accessoire. Il faut biensûr du matériel de qualité pour éviter de perdre un des rares poissons dans les herbiers qu’il faudra d’ailleurs enlever du poste avant de pêcher grâce à l’utilisation d’un grappin. Il faut de la discrétion car on pêche en eau claire, au bord et des poissons méfiants. Je me rappelle de l’erreur commise l’année dernière alors que j’avais pu observer quelques tanches s’alimentant sur le post amorcé la veille au soir (lunettes polarisantes primordiales) et que j’avais jugé bon de relancer quelques poignées de graines. Elles disparurent immédiatement et le poste resta vide toute la session. Il faut dans ce cas préparer, bien à l’écart du bord de l’eau, sa ligne, et la descendre en souplesse dans la mêlée sans rien d’autre. Les poissons sont de toute façon actifs donc rajouter de la nourriture sur le poste n’apportera rien à la situation et sera probablement contre-productif.

En pêchant de la sorte, on peut être couronné de succès sur des sessions courtes de 2 heures environ, ce qui est satisfaisant quand on souffre d’un manque de temps chronique.

Pour aller plus en détail sur l’amorçage, j’ai toujours pour habitude depuis quelques années d’offrir toute une panoplie de saveurs. En principe je prépare un peu de farine bas de gamme (pas besoin des paquets verts) blindée d’esches : chènevis, maïs, pellets 2 à 8 mm, bouillettes entières et brisées, Frolic. Vu que cet amorçage a lieu entre 5 et 10h avant la pêche, la quantité doit être tout de même conséquente si on souhaite tomber plus tard sur des poissons actifs en train de finir la table. Si on compte que le poisson mettra 2 à 3 heures à arriver sur le poste, il faut quand même le tenir en activité une paire d’heures donc j’utilise en principe l’équivalent de 8 grosses oranges truffées d’esches. Je blinde tellement d’esches que les boules ont du mal à se tenir. Je mets souvent beaucoup de chènevis et de maïs et quelques pincées d’esches plus protéinées et nourrissantes (pellets, Frolic etc…).

Enfin, quand on parle du canal de Jouy, on se doit de parler des nuisibles. Non, je ne parle pas des promeneurs et des cyclistes ni même des moustiques ou des pêcheurs au leurre (dont je fais très occasionnellement partie, j’avoue) mais bien du poisson-chat et, nouveauté, surtout du côté de l’écluse de Jouy, des gobies. Si la quantité de chats n’est plus ce qu’elle était il y a 10 – 15 ans, c’est quand même très pénible d’en prendre une petite dizaine par heure. Chaque fois où la ligne est sortie de l’eau, c’est autant de chance de ne pas toucher une tanche. Et pour ceux qui pensent qu’un amorçage végétal uniquement ferait l’affaire pour les dissuader, détrompez-vous.

Totalement immaculée

 

Si les tanches sont les cibles privilégiées, prendre des carassins atteignant les 2 kg est aussi une belle distraction. Leur couleur foncée somptueuse n’a rien à voir avec les poissons de Moselle bien plus pâles et ternes. Et puis il y a les brêmes qui tournent autour de 1.3 – 1.5 kg. Là encore, pas des records mais des couleurs bronzées, cuivrées, très foncées et très typiques de cette eau.

Et puis quelques gros gardons. Un régal pour les yeux. Mais il y a encore bien plus gros qui rode.

 

2 réflexions au sujet de « Saison printemps – été 2016 : la tanche »

  1. Franck Picard dit :

    Superbe texte qui montre une véritable passion. Pour ma part, je cherches ces espèces plutôt à la grande canne, et surtout en fait en bateau dans ma rivière d’adoption.

     

    Merci pour ces différents partages

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    • exotomfishing dit :

      Merci Franck. Au plaisir !

      Répondre

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