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Saison printemps – été 2018 : dans la douleur

Au programme de l’automne, j’ai prévu du chevesne au pain assurément, mais également du gardon, gros si possible, dans les ports de Moselle. Pour le reste, difficile de dire où le vent me mènera.

Il est loin maintenant le temps de l’euphorie où les gros chevesnes se faisaient prendre presque facilement, au pain en Moselle.

L’hiver est parti et s’est fait remplacer par le printemps. Et avec l’hiver s’est aussi envolé mon temps libre. Comme tous les ans, je pensais m’orienter vers la tanche dans le canal de Jouy. Eh bien, ça n’a pas été la panacée. Ma technique habituelle, éprouvée depuis quelques années, qui consiste à pêcher à l’aube sur un poste amorcé la veille n’a pas été possible. J’ai quand même eu deux ou trois opportunités et j’en ai touché une seule, que j’ai décrochée. Sinon, ce ne fut que gardons, rotengles, brêmes, un carpeau et des chats bien entendu.

En parallèle de ça, la pêche en rivière a été réduite à peau de chagrin avec pas mal de pluie et des eaux hautes et teintées qui ne conviennent pas à mes pêches habituelles et auxquelles je n’ai pas su m’adapter. De toutes façons, j’ai fait 6 sorties en 5 mois en tout et pour tout donc je n’attendais pas la lune.

Il y a eu la petite parenthèse en Iran, bien sympathique, malgré, comme à chaque fois et je n’y prête plus attention depuis bien longtemps, de mauvaises conditions, le lac étant descendu de 25 mètres par rapport à son niveau habituel pour la saison.

L’ondulante dorée… un des bons leurres du trip

J’ai aussi pu pêcher sur la côte Corse mais mon secteur ne se prêtait pas bien à ce que je souhaitais faire : du shore jigging. Il y avait bien des côtes rocheuses mais avec 3 mètres d’eau seulement à 50 mètres du bord. Heureusement, les mulets et autres sars étaient de sortie dans le port.

L’été pointa bien vite le bout de son nez avec de la canicule essentiellement. Là encore, le temps, denrée des plus rares en ce qui me concerne, fût aux abonnés absents.

Il y eu aussi une petite parenthèse sur une île grecque mais là encore, avec 3 mètres de fond à 50 mètres du bord et sur du sable, mes jigs sont revenus sans une égratignure.

La rentrée arrivant, j’ai pu débloquer un peu plus de temps et attaquer avec un énorme capot en Moselle sur un spot pré-amorcé la veille et sur lequel j’avais vu quelques carpes en train de s’alimenter. La Moselle ne s’encombre pas de ces détails pourtant, elle te botte les fesses et te balance du gobie dans la tronche.

Un peu de leurre en Seille, histoire de faire le tour avant de pêcher correctement, m’a rapporté un petit silure et quelques perches plutôt correctes, assez étonnement.

Ensuite, j’ai vraiment attaqué en Seille avant que la température ne baisse trop car je voulais prendre un silure au vif cette année… sans succès mais un brochet de 85 cm en Seille, ce n’est pas tous les ans, alors je prends.

Changement de cours d’eau avec une pêche que j’ai voulu faire depuis quelques années, notamment depuis l’ère des gobies, mais pour laquelle je n’avais pas encore pris le temps. Il s’agit de la longue coulée au pain, probablement la technique que j’ai le plus pratiquée dans ma vie, mais pour contourner le problème des gobies, l’idée est de faire monter le poisson au moins à 1 mètre du fond en agrainant.

Et ça a marché. Première observation cependant, le gobie monte parfois à 1 mètre du fond pour se saisir de l’esche. Mais ça pêche quand même assez normalement. J’ai touché 6 chevesnes, ou peut-être 5 chevesnes et une petite carpe lors d’une courte session après le boulot un soir de début septembre. J’en ai perdu trois.

Au niveau de la technique, c’est du classique que j’ai déjà dû décrire 20 fois mais voici le résumé en quelques lignes. Mon matériel est constitué d’une canne de 4.20 m anglaise type « match ». Le moulinet est un 3000S garni de 5lbs. Le flotteur est un « loafer » de 3.6g pour environ 3 mètres de fond avec courant léger mais pour une pêche décollée d’au moins un mètre. J’ai débuté avec un hameçon n°14 sur un bas de ligne en 4lbs mais j’ai ensuite opté pour un n°10 et au final, les sessions suivantes, je suis passé en 5lbs direct. Je n’ai pas subi de casse mais j’ai perdu trois poissons dans des obstacles (herbiers) par manque de contrôle. Il fallait pouvoir extirper et contrer le poisson pendant les premières secondes pour maîtriser la fin du combat.

Ces beaux chevesnes bien que pas énormes et certainement moins gros que ce que le secteur peut produire, notamment pendant les mois d’hiver, m’ont vraiment fait plaisir.

J’ai fait un interlude pour tenter de prendre ma première truite sauvage en compagnie d’un ami sur un secteur sur lequel il n’avait jamais été capot. Je n’ai pas très envie que mon premier salmonidé sauvage soit un taimen. Mais c’était sans compter sur mon chat noir. La rivière avait baissé très fortement à cause de travaux en aval. Chat noir. Capot.

J’ai donc par la suite plutôt insisté sur cette pêche à la longue coulée en Moselle les semaines suivantes, profitant des journées encore longues pour pêcher le soir après le boulot.

J’ai noté une désertion totale de la Moselle sauvage cette année. Pas d’Allemands et pas de locaux non plus et les postes n’étaient pas piétinés ni tondus… je pense que le gobie a écœuré pas mal de monde.

Les semaines suivantes, malheureusement, les chevesnes n’étaient pas de sortie. Mais j’ai touché de nombreux petits barbeaux. Au pain et à un mètre du fond, c’est vraiment une attitude étrange. Est-ce qu’ils sont emmerdés par les gobies et montent dans la colonne d’eau ? Est-ce que le fond est stérile à cause de la pression des gobies ? Les gros restent au fond et se gavent de gobies, c’est une évidence, mais les petits ont-ils adapté leur comportement à cet envahisseur ? En tous cas, tous ces petits poissons de l’ordre de la centaine de gramme doivent avoir deux ans et prouvent que les adultes sont là, peuvent se reproduire et que la fraie n’est pas entièrement détruite par les gobies.

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