Aller au contenu

Brochet en Suède 2010

La Suède est, comme beaucoup le savent, avec l’Irlande, une des destinations phare de la pêche du brochet en Europe. Je ne peux me considérer, et de très très loin, comme un bon pêcheur de brochet, et notamment, un bon pêcheur de brochet au leurre, mais cette année 2010 m’a semblée idéale pour faire un trip de ce genre et pourquoi pas, me convertir définitivement à la pêche aux leurres qui n’est pour l’instant pas totalement ma tasse de thé.

1/ La destination

On trouve très facilement sur Internet, avec des mots clés évidents, tout un tas d’informations sur cette destination qui n’est pas vraiment exotique et qui se laisse, finalement, apparemment, bien approcher. Le poisson roi dans ces contrées, est le brochet. On y trouve également des perches en très grandes quantités mais aussi des aspes et des sandres. Après un petit message posté sur un forum adéquat, je suis entré en contact avec un passionné de pêche des carnassiers, Florent, qui avait également prévu un départ vers le nord avec un ami à lui et son père. Nous voici donc quatre à organiser une semaine vers ce que nous espérons être le paradis du pêcheur de brochets. Quand je dis que nous sommes quatre à organiser cela, ce n’est pas tout à fait exact, car Florent a pratiquement tout fait tout seul et m’a fourni le voyage clés en main. Merci à lui !

Nous avons choisi de nous rendre sur le lac Malaren (lac Malar en français) avec la société Sweden Predator Fishing. Le lac Malaren est une immensité bleue très morcelée de 1140 km² soit 114 000 ha !!!! A titre de comparaison, le lac de la Madine, pour ceux qui connaissent, fait 1100 ha. Nous avons donc comme terrain de jeu un lac 100 fois plus grand que la Madine, et le tout, pour 100 fois moins de pêcheurs ! En gros, ça sent bon la tranquillité.

2/ Les préparatifs

Nous avons réservé un gîte pour une semaine (tenu par le couple Cavard). Pour le voyage, nous passons par Ryan Air, qui offre des tarifs défiant toute concurrence à partir de l’aéroport de Francfort Hahn. Pour nous rendre à l’aéroport, nous avons réservé une navette (société FLIBCO) , ce qui permet d’éviter le voyage en voiture comportant immanquablement son lot de stress et d’ennuis éventuels. Sur place, nous n’atterrissons pas sur l’aéroport principal de Stockholm, mais sur une annexe à 45 minutes de route. Nous avons réservé un véhicule pour la semaine, ce qui nous permettra de faire nos courses à notre arrivée, de rejoindre le camp et de nous évader pour jouer les touristes si la pêche est catastrophique (ce que nous n’espérons pas, bien entendu).

Parlons un peu budget, car c’est souvent le facteur limitant dans ce genre de séjours. La Suède n’est pas une destination “donnée”, mais elle est très loin d’être aussi chère que les “vraies” destinations exotiques.

Avion aller/retour : 85.48 € (sans bagage supplémentaire ou bagages spéciaux)

Location voiture : 73.95 €

Transfert en bus (Metz/Hahn aller/retour) : 64 €

Location gite : 630 €

Le total s’élève donc à 853.43 €. Ce n’est pas gratuit, mais certains “lure addicted” dépensent cette somme en matériel tous les ans et parfois bien plus, Ça permet de relativiser. Vous remarquerez également qu’un Metz – Stockholm avec cette formule est moins cher qu’un Metz – Paris avec la SNCF…

Pour ma part, je dois rajouter 100 € de leurres environ car je n’avais absolument rien avant de partir. Ma sélection s’est essentiellement orientée sur des spinner, quelques cuillères ondulantes et tournantes et des big baits (crank et swimbaits). Je rajoute encore à cela 300 € d’argent de poche pour faire une semaine de courses, payer un peu d’essence pour le bateau et ramener quelques souvenirs (des leurres non importés en France notamment). Au final, j’aurai donc dépensé un peu moins de 1300 € mais tout n’est pas destiné uniquement au séjour.

Concernant le matériel, des cannes me sont prêtées (spinning ou casting, au choix) ainsi qu’une épuisette et une combinaison de pêche. Nous sommes équipés en bateaux de 4m90 avec un moteur 4 temps de 15 ch et 32 L d’essence au départ.

La préparation technique quant à elle s’est faite en étang privé, en bateau également, avec un ami qui a bien voulu m’emmener et me coacher pour pas que j’arrive la fleur au fusil en Suède car je n’avais, dans toute ma vie, fait que deux ou trois sorties de pêche aux leurres. Bien entendu, j’ai un petit ensemble spinning qui me sert (me servais) surtout à passer le temps dans des pêches d’attente, en faisant quelques lancers entre mes lignes. Mais je n’ai jamais vraiment pris le temps de m’investir à fond dans cette pêche. Je préfère les pêches plus naturelles et moins “technologiques”. Peut-être que mon séjour en Suède me fera changer d’avis, peut-être pas, nous verrons bien. Par contre, il m’a semblé un peu dommage de ne pas dédier cette semaine en Suède à la pêche aux leurres. Il est possible, dans le lac Malaren, de pêcher au vif ou au mort, c’est d’ailleurs la technique qui produit le plus de poissons trophées, notamment en automne, mais la pêche au leurre permet une plus grande mobilité, ce qui est essentiel je pense, dans une étendue aussi vaste que le Malaren. Donc j’ai débuté un peu au leurre quelques semaines avant mon départ. Les débuts furent poussifs mais la malédiction fut rompue par mon tout premier brochet maillé pris au leurre. Plus que la prise de ces poissons, c’est l’apprentissage du maniement des différents leurres que je possède, tout fraîchement sortis de leur boite, qui m’a parut important. Bref, je me sens moins nul qu’il y a 8 semaines mais bon, restons humble.

3/ Le séjour

L’arrivée au camp se fait sans encombre. L’avion ne se crash pas, la voiture de location est au rendez-vous, nous ne nous perdons pas en route. Sur le chemin qui mène au camp (1h20 de route), nous traversons les paysages suédois composés essentiellement, oh surprise, de forêts et de lacs. Il y a de l’eau partout ! On voit également pas mal de faune sauvage: oies, canards, grues…

suede11

suede3

suede16

 

Il est maintenant interdit de bâtir des maisons à moins de 150 m du lac (une sorte de “loi littoral” comme en France, mais celle-ci au moins est respectée) et nous avons la chance d’être à 30 m du lac. Le gîte peut accueillir 10 pêcheurs mais pour cette semaine, nous ne serons que 6. Le groupe dont je fais partie est composé de Florent, de son père Jaqui et d’un ami Robert. Sur place, nous rencontrons Robert (un autre, de Normandie, plus habitué À pêcher le bar en kayak) et Jean-François qui connaît bien la Suède pour y être venu 7 fois en tout dont 3 fois dans le camp de la maison du lac. Les équipements sont impeccables et de très bonne qualité: deux salles d’eau, lits confortables, lave-vaisselle, barbecue, salle de briefing/débriefing, terrasse, deux salons… Nous sommes assez surpris par la température, il fait bien plus de 20°, alors que nous avons quitté Francfort sous le brouillard avec à peine 10°. Cependant, les conditions pour la pêche, sur le Malaren, sont difficiles. Le lac a dégelé il y a peu et tout le cycle naturel a pris énormément de retard. Les premières sessions ont tout bonnement été annulées dans le camp, le lac étant impêchable. Du coup, les brochets sont encore en train de frayer ! Nous somme au delà de la mi-mai, l’eau est à 14° – 16° et jusqu’à 20° certains jours, et les brochets frayent ! Autant dire, que ça va être dur de les décider alors qu’ils ont autre chose en tête. Je reviendrai un peu plus tard sur la pêche que nous avons choisi de pratiquer pour tenter de sortir notre épingle du jeu. Nous retournons rapidement dans la ville la plus proche (Strangnas) pour faire quelques courses pour les repas et les sandwichs du midi.

Jour de pêche 1

Le climat, pour ce premier jour, est nettement moins sympa que celui de la veille: vent, vagues, humidité et températures pas très hautes. Qu’importe, motivés À bloc, nous embarquons pour notre premier jour sur l’immensité insondable du lac. Étant données les conditions, nous restons dans des baies à proximité du camp pour éviter les grands déplacements en terres inconnues. Il y a, à perte de vue, d’immenses roselières de plusieurs dizaines de kilomètres de long et ça, partout, tout autour de chacune des baies. Les guides locaux nous aiguillent sur la pêche à pratiquer et nous lancent dans le grand bain. Le vent rend la pêche difficile et il faut avoir un peu le pied marin pour tenir sur le bateau. Parlons justement de ceux-ci. Ils sont de marque Quintex (marque australienne) et mesurent 4.90 m de long pour 1.70 m de large. Ils sont très très stables. Ils sont équipés d’un 15 ch 4 temps Honda, d’un moteur électrique à l’arrière de 36 lbs (un peu juste), d’un sondeur très satisfaisant, d’un pont arrière et d’un pont avant avec coffres, d’une pompe vide-cale automatique et d’une bonne ancre. Vraiment, les prestations concernant le matériel sont excellentes. Robert, Jaqui et moi, n’ayant pas de matériel pour pêcher aux leurres, avons reçu des ensembles de très bonne facture : moulinets Daiwa et Shimano de moyen à haut de gamme, et de bonnes cannes Zalt, Daiwa, Savage Gear etc… (deux ensembles par pêcheur : un 10-40g environ et un 30-80g environ). Sur l’ensemble de la semaine, nous allons “pêcher le roseau” Plutôt qu’un long discours, un petit schéma permettra de comprendre la position des brochets dans cette période de fraie.

suede15

Sur le schéma ci-dessus, j’ai tenté de représenter une coupe type du lac depuis la bordure jusqu’au milieu (je n’ai rien inventé, c’est Julien, un des guides qui m’a tout expliqué sur un schéma identique).

La zone 1 est la zone des roseaux denses. Inutile d’espérer y pêcher ou même s’y déplacer: c’est la jungle. C’est là dedans que les brochets viennent se reproduire. Ils se frottent fort sur les tiges, allant jusqu’à se déchirer les chaires, pour stimuler l’expulsion des œufs et des laitances. Pendant certaines journées, nous avons observé des dizaines et des dizaines, voire des centaines, de remous, de roseaux qui s’agitent, signes que les brochets étaient occupés à batifoler.

La zone 2 est une zone dans laquelle certaines trouées moins denses permettent d’animer un leurre. Il s’y est fait quelques poissons. Les seuls leurres qui peuvent y passer sont les leurres anti-herbes (cuillère, spinner) et les texans. Lorsque les brochets ont fini de frayer, ils se tiennent dans cette zone. On y prend essentiellement des petits mâles.

La zone 3 est constituée de roseaux immergés. A la surface, on ne voit rien. Pourtant, il suffit de faire passer un leurre pour deviner que sous la surface, c’est la jungle. C’est dans cette zone que nous faisons 80% de nos prises. Les brochets sortent encore un peu plus des roseaux et s’alimentent dans cette zone. Là encore c’est des mâles.

La zone 4 est constituée d’herbiers plus ou moins denses. On se trouve à 100 m et au-delà de la roselière. Autant dire qu’il faut être très motivé pour pêcher cette zone car là dedans, “on pêche l’eau”. Mais la carotte au bout est la possibilité de toucher une grosse femelle car c’est la zone dans laquelle elles rodent après l’accouplement pour reprendre leur alimentation.

La zone 5 est la zone de cassure. Les bancs de fourrage s’y trouvent et les femelles aussi pour se nourrir.

L’avantage de la période qui suit directement la reproduction est que tous les brochets sont très concentrés avant de rejoindre l’immensité du lac. Il est donc possible de toucher relativement au bord un gros poisson alors que le reste de l’année il a une activité dite “pélagique” ce qui signifie qu’il suit les bancs de poissons fourrage, en pleine eau. Il devient alors beaucoup plus difficile à prendre. En automne, les blancs se rapprochant des bordures pour se gaver avant l’hiver, ils sont suivis par les gros brochets et il est alors possible de les prendre à nouveau. Comme je l’ai indiqué plus haut, les brochets sont en train de frayer mais certains sont déjà sortis des roseaux denses. C’est ceux-ci qui sont visés.

Nous partageons l’équipée de 4 en deux bateaux de deux : un bateau pour “les anciens” composé de Robert et de Jaqui et un bateau pour”les jeunots” composé de Flo et de moi. Le matériel est vite monté. J’ai une canne avec un bas de ligne en titane et une autre avec du fluorocarbone 60°°. Nicolas, un des guides, me fait le signe des ciseaux en regardant mon bas de ligne et insiste sur la nécessité de mettre de l’acier. En France, je n’ai jamais mis d’acier et je n’ai jamais été coupé, je pensais donc qu’il n’y aurait pas de soucis ici. Et vous l’avez déjà deviné, je me trompais.

Nous commençons donc à peigner méthodiquement, chacun cherchant le leurre qui va bien. C’est Florent qui ouvre la bal, non pas avec une prise, mais avec un hameçon ouvert sur un très joli poisson qui fera un gros remous en surface (alors qu’on pensait qu’il s’était calé dans des roseaux immergés) et rendra à Flo un spinner ouvert.

suede14

Mon premier contact avec un brochet suédois se conclura également par un raté puisqu’il monte sur un 4play herring 19cm swim’n jerk coloris fire-tiger, à l’impact. Mais il rate le leurre et n’y revient plus. Plus tard, c’est à nouveau Flo qui est touché, il parvient cette fois-ci à ramener au bateau le premier brocher du séjour: 60 cm, pas énorme mais il a un goût particulier car c’est le tout premier. Il a été pris sur un spinner de couleur brune. Plus tard, alors que le bateau des anciens a perdu son ancre et que nous ratissons le fond pour accrocher la corde, je touche un brochet épais comme une nouille sur un LS Storm imitation truite. J’ai un peu honte parce qu’il n’est vraiment pas joli et en plus je n’ai même pas fait exprès ! Ça ne démarre pas terrible. Il fait 62 cm. La pêche est dure et même si le vent est tombé pendant l’après-midi, le temps reste couvert. Robert parvient à prendre un poisson de 80 cm sur un leurre dur dont je ne connais pas le nom. Quant à moi, je touche un poisson de 70 cm sur mon 4play fire tiger encore une fois. Nous rentrons au fin fond de la baie, dans moins d’un mètre d’eau, où nous pensons le poisson actif. Je me fais alors honteusement couper sur mon spinner préféré. Nicolas avait raison, les brochets d’ici ont des dents plus costaudes que ceux de chez nous ! Et puis terminé ! Malgré nos efforts répétés, nous ne prendrons rien de plus ! On termine donc la première journée avec 4 poissons pour 4 pêcheurs. Le moral n’est pas fameux.

Jour de pêche 2

Le deuxième jour de pêche, Nicolas nous propose de nous amener dans une baie immense. Les conditions météo ont changé. Il fait nettement plus chaud, le ciel est bleu et il n’y a pas de vent. Si ce climat est agréable pour une balade en bateau, il ne l’est pas quand on recherche le brochet qui, ici, se pêche « dans la vague ». Le matin, j’arrive à prendre deux brochets modestes de 56 et 59 cm en tapant dans des trouées de roseaux avec un spinner acheté sur place. Ce spinner deviendra « le » leurre du séjour pour moi, comme pour Florent. Il est orange et jaune avec une palette cuivrée et une palette dorée. Ci-dessous à gauche, il y a la version neuve (avec jupe renforcée à la tresse) et à droite la version “usagée” après plusieurs prises.

suede17

Robert quant à lui parvient à prendre un poisson de 77 cm au spinner fire-tiger. L’après-midi, alors que la chaleur est à son comble, nous partons pour plusieurs dérives en power fishing à ratisser inlassablement les trouées de roseaux. Nous entendons partout un baroufle dans les roseaux denses. Nous pensons qu’il s’agit de chasses et nous pestons en nous rendons compte que la densité des roseaux empêche toute pêche. Plus tard, Nicolas nous dira qu’il ne s’agit pas de chasses mais bel et bien de brochets qui frayent (mi-mai, eau à 18°, cherchez l’erreur). A force de persévérance, Flo parvient à prendre un poisson au spinner fire-tiger de 76 cm. Nous terminons la journée encore une fois avec 4 poissons pour 4 pêcheurs. Le moral est en berne. Il va falloir trouver notre pêche, nous ne faisons rien de bon.

Jour de pêche 3

Encore une fois, presque pas de vent. Le ciel est un peu couvert ce matin. Nous changeons de zone par rapport à la veille et choisissons de peigner les roselières qui bordent deux îles. Robert et Jaqui partent de leur coté et nous du notre, ce qui permettra de prospecter plus de postes. Je rate deux poissons et parviens ensuite à prendre un poisson de 61 cm toujours avec mon 4play. Nous rejoignons ensuite Robert et Jaqui qui ont pris deux poissons respectivement de 77 et 67 cm.

suede6

Nous comparons nos notes et remarquons que les prises se sont faites sur des postes exposés au vent. L’après-midi, nous nous focalisons donc sur des postes exposés le plus possible. Nous avons aussi remarqué avoir beaucoup plus de touches dans des forêts de roseaux immergées peu profondes (1m d’eau maxi sous le bateau) par rapport aux autres roselières des jours précédents (1m50 et roseaux immergés moins denses). Le vent s’est un peu levé, nous pensons que c’est une bonne chose. Je décroche un poisson au bateau mais je le repique sous le bateau quelques lancés plus loin. Il fait 60 cm. Ensuite c’est un de 59 cm qui rejoint le bateau pour moi. Puis c’est Robert qui en prend un et moi à nouveau (68 cm). Nous atteignons ensuite une zone vraiment bien battue par le vent, très peu profonde, avec en plus des roseaux immergés, des arbres morts. Flo nous fait un doublé de 79 et 71 cm au spinner toujours (fire tiger). Dans des zones aussi encombrées, seuls les spinners et les leurres de surface peuvent passer. La saison étant encore peu avancée, les leurres de surfaces ne sont pas tentés et nous ratissons toute la zone à quatre spinner. Nous avons enfin trouvé notre pêche. Robert fait un 78, Flo un 58 et un 63 et moi un 58, 60 et 64 ainsi qu’une brême de 30.

suede12

Nous terminons la journée avec 15 poissons en n’ayant trouvé la pêche qu’en milieu de journée. Nous décidons le lendemain de ratisser encore plus précisément cette zone. Le moral est remonté.

suede1

 

suede13

Jour de pêche 4

C’est parti en ce 4e jour, le moral à bloc, pour aller faire du poisson sur “notre roselière”. Les poissons sont toujours actifs comme la veille (ils frayent et sortent des roseaux denses, et c’est là qu’on les prend), mais je passe une sale journée. Tout le monde semble prendre du poisson sauf moi. Flo prendra 6 poissons, Jaqui 7, Robert 4 et moi 3. On remarque de nombreux décrochés lors des chandelles que font les poissons. Nous nous adaptons donc et faisons les combats canne basse, voire canne dans l’eau pour que les rushes des poissons se fassent vers le bas et non vers le haut. Le lendemain nous verront les guides faire pareil, ce qui signifie que nous avons trouvé tous seuls la bonne solution. Parfois cependant, il faut les tracter hors des roseaux.

suede8

Au final donc, nous avons 20 poissons pour deux bateaux. On fait nettement mieux, mais c’est la moitié de ce que le lac est capable de produire (pendant la bonne saison, les pêcheurs font 10 poissons par jour en moyenne avec même certains jours exceptionnels à 20 ou 25 poissons).

suede5

Jour de pêche 5

Julien, le deuxième guide, nous propose d’essayer la berge opposée à “notre roselière”. En effet, aujourd’hui le vent est tombé et Julien nous dit qu’il n’y a pas de raison de ne pas faire de poisson sur la berge opposée. La première heure se déroule sans la moindre tape pour nous 5 (nous 4 et Julien). Nous pêchons à mon avis dans des zones trop profondes (+/- 1.50 m) et avec trop peu de roseaux immergés. Nous descendons de quelques centaines de mètres et trouvons une zone qui ressemble beaucoup à la zone que nous pêchons depuis deux jours. Les brochets frayent de partout. On en voit des dizaines et des dizaines qui se frottent dans les roseaux, pour ne pas dire des centaines. Ils ont autre chose en tête que la bouffe, mais ceux qui ont fini et qui sont sortis peuvent bien donner un coup de dent sur nos leurres. Nous entrons dans les roseaux clairsemés et faisons des lancers précis dans les trouées. La pêche devient vraiment très fun car la plupart des attaques sont à vue et il n’est pas rare qu’un brochet rate trois ou quatre fois le leurre et se fasse prendre ensuite en dandinant le spinner sous la canne. Bref, on s’amuse et on apprécie.

suede10

Je termine la journée avec 8 poissons dont mon plus gros du séjour (76 cm, ce qui reste petit tout de même). Tout a été fait au spinner pour les quatre pêcheurs. Sous l’insistance de Florent, je sors de la gueule d’un brochet de 72 cm une brême de 200g minimum déjà bien digérée.

suede2

Encore une preuve, si besoin est, que le brochet apprécie les belles bouchées (à méditer pour prendre les plus gros). Flo en décroche un sur une chandelle et casse sur un autre au ferrage, on verra sa tresse se barrer à la surface et on pourra la récupérer avec le leurre mais sans le brochet. Il termine la journée avec 3 poissons dont le plus gros du séjour pour nous 4 (82 cm), Robert 2 et Jaqui 6.

Jour de pêche 6

C’est le dernier jour, il n’est plus vraiment temps de repartir à l’aventure. Nous choisissons de repasser sur les zones de la veille et de l’avant-veille avec l’espoir, pourquoi pas, de toucher une femelle sortie des roseaux aussi. Mais il n’en sera rien. La pêche des grosses femelles est une pêche très psychologique ou de chanceux. Il faut ratisser l’eau plus loin des roseaux (elles ne s’alimentent pas avec les mâles) et accepter de balancer des heures durant des leurres de 100g et plus avec éventuellement une ou deux touches dans la journée. Ce n’est pas vraiment une pêche de vacances. Mais la période de l’après fraie est une des seules périodes ou elles se rapprochent des bordures. Sinon, elles restent en pleine eau à suivre les bancs de blancs. Nous écourtons la journée de pêche car il faut ranger le matériel, faire l’état des lieux et nettoyer un peu. Nous finissons avec 19 poissons : 4 pour Flo, 3 pour Robert, 7 pour Jaqui et 5 pour moi.

suede9

Bilan de la semaine

Pour toute la partie qui ne concerne pas la pêche, il n’y a rien à dire, c’était parfait. La bonne humeur et la bonne ambiance étaient toujours au rendez-vous. Flo nous a fait des bons plats tous les jours et j’étais le chef du barbecue. Les équipements étaient parfaits, le cadre sublime et très impressionnant tellement le lac est immense. En ce qui concerne la pêche, nous restons légèrement sur notre faim. Nous n’avons pas eu de chance avec ce décalage de la période de reproduction. Je termine la semaine avec 28 brochets (82 poissons pour 4 pêcheurs) alors que je pensais en prendre le double (10 brochets par jour par pêcheur), mais c’est quelque chose qu’il faut accepter avant de partir, Ça peut arriver quand on réserve 6 mois à l’avance. Nous avons quand même la satisfaction d’avoir trouvé notre pêche, seuls, à force de recherche et d’observation. Malheureusement une semaine, c’est trop peu pour appréhender un espace aussi immense, même avec l’aide de nos deux sympathiques guides. Pour le choix des leurres, Ça a été du vite vu. Flo avait ramené au moins 200 leurres et il a pris tous ses poissons avec des spinners de deux ou trois coloris différents (tous achetés sur place). Il n’est donc pas nécessaire de se surcharger. Je pense que 20 ou 30 leurres bien choisis permettent de couvrir tous les cas de figure

Epilogue

Ce séjour m’a apporté beaucoup sur un plan personnel. J’ai pratiqué une pêche dont jusqu’ici, je n’étais pas grand fan : la pêche aux leurres. Je ne suis toujours pas un passionné, mais je dois bien admettre que tenter deux ou trois passages à vue sur un brochet qui rate le leurre ou qui ne se pique pas est plus prenant qu’une attente de deux heures pour voire un bouchon couler. J’ai fait la rencontre de gens formidables. Merci Flo pour les manœuvres en bateau, merci Jaqui et Robert pour votre bonne humeur ! J’ai mis le doigt dans un engrenage infernal, celui des destinations de pêche. Autant que possible, j’essayerai de partir une fois par an vers une nouvelle destination. Je retournerai sur le Malaren c’est certain, peut-être, comme le suggère Florent, en été, pour pêcher aux leurres de surface exclusivement, ou alors en automne pour tenter de prendre une grosse femelle avec un guide pour le soutien psychologique. Ce lac a tellement de potentiel qu’on ne peut que le survoler en une semaine.

suede7

suede-flo-29

 

Il me trotte toujours une question en tête depuis qu’on est rentré : on y retourne quand ??!!!!!!!!!